Page:De Coster - Contes brabançons, 1861.djvu/84

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— C’est que voici des notes, l’une est de mille florins : frais de réparation et d’entretien d’une ferme à Vrouwe-Polder, construction d’un lavoir…, etc. En voici une autre plus forte ; la main d’Anna trembla, elle vient de Buis, joaillier à Bruxelles.

— De Buis ? impossible !

— Vois plutôt, tu pâlis.

— Mais oui… comment ?

— Comment j’ai cette note. On me l’a adressée, je l’ai ouverte. Je vois là douze mille francs de bijoux que je n’ai pas portés ; ouvre la caisse, il faut payer cela de suite… ouvre donc… elle contenait soixante mille francs quand je te l’ai remise.

— Anna, je dois, il faut… écoute, gronde moi, bats-moi, appelle moi des noms qu’il te plaît, mais il n’y a plus un sou dans la caisse…

— Soixante mille francs en trois mois !

— Nous vendrons une ferme.

— Non. Il manque quatorze mille francs, je les ai. Anna monta à sa chambre. Voici, dit-elle, en descendant cinq mille florins, ma dot que tu n’as pas voulu recevoir de mon père. Voici ensuite tous mes bijoux, nous les vendrons ; cette rivière de diamants vaut à elle seule toutes les parures de l’autre…