Page:De Gaspé - Les anciens canadiens, 1863.djvu/14

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

CHAPITRE DEUXIÈME.

----


Give me, oh ! give me back the days
When I — I too — was young,
And felt, as they now feel, each coming hour,
New consciousness of power…
…………………
………………………………………………………
The fields, the grove, the air was haunted,
And all that age has disenchanted,

………………………………………………………
Give me, oh ! give youth’s passions unconfined,
The rush of joy that felt almost like pain.

Goethe.


archibald cameron of locheilljules d’haberville.


Archibald Cameron of Locheill, fils d’un chef de clan des montagnes d’Écosse et d’une française, n’avait que quatre ans lorsqu’il eut le malheur de perdre sa mère. Élevé par son père, vrai Nemrod, violent chasseur devant Dieu, suivant la belle expression de l’Écriture Sainte, il le suivait, dès l’âge de dix ans, dans ses courses aventureuses à la poursuite du chevreuil et des autres bêtes fauves, gravissant les montagnes les plus escarpées, traversant souvent à la nage les torrents glacés, couchant fréquemment sur la terre humide sans autre couverture que son plaid, (manteau écossais) sans autre abri que la voûte des cieux. Cet enfant, vrai spartiate par l’éducation, semblait faire ses délices de cette vie sauvage et vagabonde.