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FLEUR DES ONDES



I

HIVERNEMENT CHEZ LES SAUVAGES


Pendant cette traversée de seize cent onze, deux jeunes gens s’étaient surtout fait remarquer, aux heures les plus tragiques, par leur inaltérable sérénité : ils se nommaient Philippe de Savigny et Paul Guertal. Le premier, unique héritier du comte Olivier de Savigny, avait passé son enfance dans l’antique domaine seigneurial de ses ancêtres où il était né.

À seize ans, lorsqu’il perdit son père, c’était un bel adolescent blond, rêveur et bon, très épris de l’étude.

Sa mère, alors, abandonna le château où elle avait été aimée, heureuse, pour venir habiter à Paris un hôtel qu’elle tenait de ses parents. Ce n’était pas en vue de rechercher les plaisirs de la ville que l’austère veuve désertait une retraite convenant mieux à son deuil et qui aurait dû la retenir par tant de chers souvenirs. La comtesse avait l’âme combative et hautaine ; sa ten-