Page:De Smet - Lettres choisies,1875.djvu/352

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homme et la jeune fille se barbouillent soigneusement la figure de différentes couleurs, et se revêtent de leurs plus beaux ornements qui consistent en bracelets, colliers de grains de cristal ou de porcelaine, belles plumes d’oiseaux, habits de peaux de gazelle et de chevreuil, richement brodés et travaillés en piquants de porc-épic de nuances variées. Le futur s’attache des queues de loup ou de renard aux deux talons et aux genoux, en forme de jarretières et insère des plumes d’aigle dans ses cheveux. Ces plumes sont la marque d’une grande distinction dont on s’est rendu digne par des exploits à la guerre et la hardiesse à la chasse. Les principaux jongleurs font une offrande de tabac à Wahkon-Tanka, ou le Grand Esprit, afin d’obtenir ses faveurs pour le jeune couple, et lui présentent une peau de castor en sacrifice, comme signe de leur reconnaissance pour les bienfaits futurs. Les amis et les proches parents préparent ensemble le grand festin de noce. Là, le jeune homme est présenté à la famille par le grand maître des cérémonies. Celui-ci remet à chacun des deux fiancés une peau de castor. Ils l’échangent entre eux, et ratifient ainsi leur consentement mutuel au mariage. Le repas commence  ; les convives font honneur aux mets  ; ils dansent et chantent au son du tambour et de la flûte, et c’est au milieu de ces amusements et des récits de belles histoires que se termine la cérémonie des noces parmi les Lenni-Lennapi.