Page:De l'État des nègres relativement à la prospérité des colonies françaises et de leur métropole Discours aux représentants de la nation, 1789.djvu/13

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Nous poſſédons, ſans doute, beaucoup de qualités aimables & eſtimables, Messieurs, mais en même tems nous paſſons chez tous les étrangers pour un peuple léger, inappliqué, précipité dans ſes réſolutions, ne ſachant jamais s’arrêter à propos & dans de juſtes meſures ; grand amateur de nouveautés, grand imitateur de ſes voisins, & enclin à changer d’opinions, de principes, de maximes, preſqu’autant que de modes.

Je n’entrerai point, Messieurs, en diſcuſſion ſur une accuſation qui n’a, peut-être, d’autre fondement que la jalouſie dont ces étrangers nous honorent.

Cependant, Messieurs, nous devons, en toute modeſtie, convenir qu’il eſt des matieres dans leſquelles nous ſommes bien jeunes, & pour leſquelles nos têtes n’ont pas encore la maturité & l’inſtruction convenables.

Nous ne diſcuterons point, Messieurs, les principes en morale de la ſociété des amis des Noirs, & nous leur abandonnons à cet égard la victoire la plus complette & la plus facile.

Quant aux allégations, aux inculpations qu’ils répandent avec tant de ſoins dans leurs écrits, nous leur répondrons : cette créature humaine qui revient au bout de trois ans à celui qui l’a achetée pour cultiver ſa terre, à plus de quatre mille francs, ſollicite bien plus puiſſamment ſa charité, ſa manſuétude, ſes veilles, ſes ſoins, que tous ces beaux