Page:De la Mennais - De la religion, 1826.djvu/188

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différent, ils continuèrent toujours d’exercer, d’une manière irréprochable, cette noble fonction.

La gravité des mœurs, l’intégrité, la science, qui distinguoient si éminemment la magistrature française, lui avoient acquis, avec le respect et la confiance des peuples, une haute considération dans l’Europe entière. Elle la dut, ainsi que les vertus qui la lui méritèrent, à l’esprit profondément monarchique et chrétien qui avoit présidé à son institution. Mais cet esprit, il faut le dire, s’altéra progressivement, sous plus d’un rapport, par l’effet des changements qui survinrent dans la société. On a vu qu’en cherchant, et avec trop de succès, à séparer la politique de la religion, en isolant dès lors les unes des autres les nations que le christianisme tendoit à unir, en luttant contre l’ordre de civilisation qu’il avoit produit et que la puissance pontificale s’efforçoit de défendre et de conduire à sa perfection, parceque de cet ordre dépendoient la paix et le bonheur des peuples et l’existence même du christianisme, les princes effectuèrent une véritable révolution dans la chrétienté, et, en matière de gouvernement, substituèrent, sans en avoir conçu le dessein formel, aux lois immuables de la justice le système variable des intérêts. De là une défiance générale, une ambition sans frein, et de perpétuelles entreprises du