Page:De la Mennais - De la religion, 1826.djvu/207

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re foiblesse, et si l’on considère combien la plaie de l’orgueil est profonde en nous, on trouvera qu’ils seroient encore assez utiles, quand ils ne serviroient qu’à nous apprendre le peu que nous sommes.

Eclairés par l’expérience de plus d’un siècle, après une révolution qui a mis à nu les fondements de la société, nous allons entreprendre l’examen des deux propositions auxquelles se réduit la déclaration de 1682. Nous ne craindrons point de mettre dans cette discussion une franchise entière, car l’amour de la vérité est aussi l’amour de la paix. L’erreur divise, il n’en sort que des discussions éternelles : la vérité unit, parce qu’elle est de Dieu, ou plutôt Dieu même.


Chapitre I. Examen de cette proposition : la souveraineté temporelle suivant l’institution divine est complètement indépendante de la puissance spirituelle.

Que Dieu soit l’auteur de la société, on ne pourroit le nier sans nier en même temps que Dieu soit l’auteur de l’homme, et qu’il l’ait fait pour vivre en société ; car l’auteur des êtres est nécessairement l’auteur de l’ordre conservateur des êtres. Mais pour que la société existe, deux