Page:De la Mennais - De la religion, 1826.djvu/31

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d’une aristocratie souveraine chez nos voisins, et chez nous d’une démocratie souveraine. Que si maintenant nous cherchons quelle place la royauté occupe dans ce système, et ce qu’elle est en réalité, nous ne voyons pas que sa condition, examinée attentivement, soit de nature à exciter de vives alarmes parmi ceux qui redoutent le pouvoir absolu.

A s’en tenir aux mots qui fixent l’étendue et les limites de la prérogative royale, nous trouvons d’abord, en ce qui concerne l’autorité législative, que le roi propose les lois aux chambres, et qu’il peut ne pas présenter celles que les chambres l’auroient supplié de proposer.

Voilà, certes, une prérogative qui semble lui rendre une partie de la souveraineté. Mais il faut considérer que le roi n’a le droit de proposer ni de rejeter aucune loi directement ; il est légalement indispensable que tout se fasse par l’intermédiaire d’un ministre responsable. Or les ministres, comme on l’a vu, sont dans une dépendance absolue des chambres. Qu’ils viennent à perdre la majorité, ils tombent au même moment. Ils ne peuvent donc, de fait, rien proposer ni rien rejeter, qu’autant qu’ils seront sûrs de ne pas contrarier la majorité des chambres. Supposons que le roi, voulant les contraindre à faire quelque chose d’opposé à ce que veut la m