Page:De la Mennais - De la religion, 1826.djvu/316

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durables que celles de la civilisation dans sa vigueur sur la barbarie, ou celles des peuples neufs sur la civilisation corrompue et mourante : et c’est pourquoi nul grand empire ne sauroit aujourd’hui se former dans la société européenne. Des tartares peut-être pourroient l’asservir ; les armées les plus puissantes recrutées dans son sein ne réussiroient jamais qu’à la ravager.

Telles seroient quelques unes des conséquences du schisme : et qu’on ne s’imagine pas qu’il pût s’effectuer sans de violentes secousses intérieures.

On sait bien que ceux qui le demandent n’hésiteroient pas à employer la persécution pour l’établir ; mais la persécution provoque la résistance, et si la foi devoit avoir encore parmi nous ses martyrs, elle auroit aussi, qu’on n’en doute pas, ses défenseurs.

Admettons cependant le succès d’une pareille tentative, qu’en résulterait-il ? Le protestantisme, comme religion, est à jamais éteint ; dénué de toute doctrine, il se réduit à une grande négation, et, sous cette forme qu’il ne peut plus perdre, il n’offre rien qui puisse remplacer la foi des peuples catholiques. Le parti révolutionnaire, en essayant de le ranimer, n’a pu lui donner ce qui lui manque, des croyances. Il a remué ses cendres, il y a cherché quelques étincelles pour exciter de nouveaux embrasements : il étoit trop tard, ces cendres étoient froides. Au lieu de la réforme et de ses