Page:De la Mennais - De la religion, 1826.djvu/44

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


défense aux attaques de toutes les ambitions. Qui jamais lui permettroit de régner pour lui seul, de recueillir seul les avantages de la souveraineté, tandis que le souverain, dont il n’est que l’agent, languiroit dans l’angoisse éternelle du désir ? Il faut donc qu’il administre au profit du souverain, et dès lors qu’il administre despotiquement, par deux raisons : et parce que les grâces, les faveurs doivent être accordées, justement ou non, à ceux de qui dépend son existence ; et parce que le despotisme administratif est le seul obstacle qui puisse, dans les démocraties, contenir quelque temps les violences de la multitude sans cesse provoquées par ceux qui spéculent sur ses passions et sur ses erreurs.

Chez un peuple ainsi constitué, la législation, soumise à mille influences variables, représentera dans son ensemble les triomphes successifs des opinions et des intérêts les plus opposés ; à chaque page on y lira les vicissitudes du pouvoir, les craintes et les espérances des partis, les victoires des factions. L’administration n’offrira qu’incohérence et caprice, un flux et reflux perpétuel de mesures contradictoires, et des déplacements sans fin. L’estime ne s’attachera plus aux fonctions, mais aux appointements. Ainsi, plus de services gratuits. Autrefois on se dévouoit, maintenant on se vendra : quelques chiffres pourront exprimer ce