Page:Defoe - Robinson Crusoé, Borel et Varenne, 1836, tome 2.djvu/14

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1°. Il y avait un compte courant du produit de ma ferme en plantation durant dix années, depuis que leurs pères avaient réglé avec mon vieux capitaine du Portugal ; la balance semblait être en ma faveur de 1174 moidores.

2°. Il y avait un compte de quatre années en sus, où les immeubles étaient restés entre leurs mains avant que le gouvernement en eût réclamé l’administration comme étant les biens d’une personne ne se retrouvant point, ce qui constitue Mort Civile. La balance de celui-ci, vu l’accroissement de la plantation, montait en cascade à la valeur de 3241 moidores.

3°. Il y avait le compte du Prieur des Augustins, qui, ayant perçu mes revenus pendant plus de quatorze ans, et ne devant pas me rembourser ce dont il avait disposé en faveur de l’hôpital, déclarait très-honnêtement qu’il avait encore entre les mains 873 moidores et reconnaissait me les devoir. – Quant à la part du Roi, je n’en tirai rien.

Il y avait aussi une lettre de mon partner me félicitant très-affectueusement de ce que j’étais encore de ce monde, et me donnant des détails sur l’amélioration de ma plantation, sur ce qu’elle produisait par an, sur la quantité d’acres qu’elle contenait, sur sa culture et sur le nombre d’esclaves qui l’exploitaient. Puis, faisant vingt-deux Croix en signe de bénédiction, il m’assurait qu’il avait dit autant d’Ave Maria pour remercier la très-Sainte-Vierge de ce que je jouissais encore de la vie ; et m’engageait fortement à venir moi-même prendre possession de ma propriété, ou à lui faire savoir en quelles mains il devait remettre mes biens, si je ne venais pas moi-même. Il finissait par de tendres et cordiales protestations de son amitié et de celle de sa famille, et m’adressait en présent