Page:Defoe - Robinson Crusoé, Borel et Varenne, 1836, tome 2.djvu/161

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ques-uns de ces barbares viendraient de ce côté, et y viendraient supérieurs en forces, jugèrent convenable de se retirer à un demi-mille plus loin, persuadés, comme cela eut lieu en effet, que plus l’ennemi rôderait, plus il se disséminerait.

Leur seconde halte se fit à l’aide d’un fourré épais où se trouvait un vieux tronc d’arbre creux et excessivement grand : ce fut dans cet arbre que touts deux prirent position, résolus d’attendre l’événement.

Il y avait peu de temps qu’ils étaient là, quand deux Sauvages accoururent de ce côté, comme s’ils les eussent découverts et vinssent pour les attaquer. Un peu plus loin ils en virent trois autres, et plus loin encore cinq autres, touts s’avançant dans la même direction ; en outre ils en virent à une certaine distance sept ou huit qui couraient d’un autre côté ; car ils se répandaient sur touts les points, comme des chasseurs qui battent un bois en quête du gibier.

Les pauvres gens furent alors dans une grande perplexité, ne sachant s’ils devaient rester et garder leur poste ou s’enfuir ; mais après une courte délibération, considérant que si les Sauvages parcouraient ainsi le pays, ils pourraient peut-être avant l’arrivée du secours découvrir leur retraite dans les bois, et qu’alors tout serait perdu, ils résolurent de les attendre là et, s’ils étaient trop nombreux, de monter au sommet de l’arbre, d’où ils ne doutaient pas qu’excepté contre le feu, ils ne se défendissent tant que leurs munitions dureraient, quand bien même touts les Sauvages, débarqués au nombre d’environ cinquante, viendraient à les attaquer.

Ayant pris cette détermination, ils se demandèrent s’ils feraient feu sur les deux premiers, ou s’ils attendraient les trois et tireraient sur ce groupe intermédiaire : tactique au