Page:Defoe - Robinson Crusoé, Borel et Varenne, 1836, tome 2.djvu/473

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


Nous visâmes si juste, ou la Providence dirigea si sûrement nos coups, que de cette première salve nous en tuâmes quatorze et en blessâmes plusieurs autres, cavaliers et chevaux ; car nous avions touts chargé nos armes de deux ou trois balles au moins.

Ils furent terriblement surpris de notre feu, et se retirèrent immédiatement à environ une centaine de verges. Ayant profité de ce moment pour recharger nos armes, et voyant qu’ils se tenaient à cette distance, nous fîmes une sortie et nous attrapâmes quatre ou cinq de leurs chevaux dont nous supposâmes que les cavaliers avaient été tués. Aux corps restés sur la place nous reconnûmes de suite que ces gens étaient des Tartares ; mais à quel pays appartenaient-ils, mais comment en étaient-ils venus faire une excursion si longue, c’est ce que nous ne pûmes savoir.

Environ une heure après ils firent un second mouvement pour nous attaquer, et galopèrent autour de notre petit bois pour voir s’ils pourraient y pénétrer par quelque autre point ; mais nous trouvant toujours prêts à leur faire face ils se retirèrent de nouveau : sur quoi nous résolûmes de ne pas bouger de là pour cette nuit.

Nous dormîmes peu, soyez sûr. Nous passâmes la plus grande partie de la nuit à fortifier notre assiette, et barricader toutes les percées du bois ; puis faisant une garde sévère, nous attendîmes le jour. Mais, quand il parut, il nous fit faire une fâcheuse découverte ; car l’ennemi que nous pensions découragé par la réception de la veille, s’était renforcé de plus de deux cents hommes et avait dressé onze ou douze huttes comme s’il était déterminé à nous assiéger. Ce petit camp était planté en pleine campagne à trois quarts de mille de nous environ. Nous fûmes tout de bon grandement surpris à cette découverte, et j’avoue que je me tins