Page:Defoe - Robinson Crusoé, Borel et Varenne, 1836, tome 2.djvu/48

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d’objets de nécessité, ce que plus tard je ne pus effectuer. Ces garçons devinrent très-honnêtes et très-diligents après qu’on les eut domtés et qu’ils eurent établi à part leurs propriétés. Je leur expédiai aussi du Brésil cinq vaches dont trois près de vêler, quelques moutons et quelques porcs, qui lorsque je revins étaient considérablement multipliés.

Mais de toutes ces choses, et de la manière dont 300 caribes firent une invasion et ruinèrent leurs plantations ; de la manière dont ils livrèrent contre cette multitude de Sauvages deux batailles, où d’abord ils furent défaits et perdirent un des leurs ; puis enfin, une tempête ayant submergé les canots de leurs ennemis, de la manière dont ils les affamèrent, les détruisirent presque touts, restaurèrent leurs plantations, en reprirent possession et vécurent paisiblement dans l’île[1].

De toutes ces choses, dis-je, et de quelques incidents surprenants de mes nouvelles aventures durant encore dix années, je donnerai une relation plus circonstanciée ci-après.

Ce proverbe naïf si usité en Angleterre, ce qui est engendré dans l’os ne sortira pas de la chair[2], ne s’est jamais mieux vérifié que dans l’histoire de ma vie. On pourrait penser qu’après trente-cinq années d’affliction et une multiplicité d’infortunes que peu d’hommes avant moi, pas un seul peut-être, n’avait essuyées, et qu’après environ sept années de paix et de jouissance dans l’abondance de toutes choses, devenu vieux alors, je devais être à même ou jamais d’apprécier touts les états de la vie moyenne et

  1. Dans l’édition où l’on se borne au rôle de traducteur fidèle, les cinq paragraphes précédents ont été supprimés. P. B.
  2. What is bred in the bone will not go out of the flesh.