Page:Des Essarts - Prométhée, Baudouin.djvu/3

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PROMÉTHÉE.

Oh ! que d’années sur ma tête renversée ! que de sang au bec du vautour ! que cette douleur physique est amère et humiliante ! sans les chaînes qui tordent mes bras, je serais déjà courbé comme un serpent ; mais ces chaînes ne s’useront jamais dans ma chair, elles ont été rivées pour l’éternité. J’ai besoin de jeter un cri d’agonie ; puis j’en écouterai pendant un siècle l’écho prolongé, mais stérile. J’ai besoin de maudire, fût-ce moi-même, de m’assurer que je puis sentir et exprimer un reste de passion. Jupiter ! Jupiter ! tu ne t’es rappelé ton pouvoir sur moi que pour me frapper : du jour où tu me trouvas coupable, tu te