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ADRIENNE.

depuis quelque temps. Elle assistait un soir, pour la première fois, à l’une de ces réunions dont le bel Écossais était l’ame et le charme ; mais, soit qu’elle fût encore préoccupée de sa chère Clémentine et du regret de l’avoir quittée, soit qu’elle prît peu garde à l’étranger qui attirait tous les cœurs, elle ne mêla pas son empressement à celui de ses jeunes amies, dont les efforts s’unissaient inutilement pour apprivoiser le joli petit sauvage, qui, plus farouche encore que de coutume, se débattait avec impatience pour échapper à la douce tyrannie dont il était l’objet.

Adrienne, calme et rêveuse, ne quittait pas la place où elle s’était presque cachée en entrant. Un grand chapeau de paille noire couvrait sa figure, et la simplicité de son vêtement annonçait qu’elle ne devait prendre aucune part à la danse, que la jeunesse aime ici avec passion.