Page:Descartes - Œuvres, éd. Adam et Tannery, XII.djvu/419

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Principes de la Philosophie. )']']

Mais (et c'est là sans doute ce qui est à noter), Descartes s'acheminait ainsi à une discussion qui remplit toute la fin de cette seconde partie (articles 54 à 63), sur les corps durs et sur les corps liquides ou fluides \ Il ne s'agissait pas seulement de critiquer deux « qualités réelles », au sens scolastique du mot, la dureté et la liquidité ou fluidité : il s'agit du mouvement d'un corps dur dans un autre corps liquide ou fluide, ou bien avec cet autre corps ; disons-le franchement, il s'agit du mou- vement de la Terre avec la matière qui l'environne. Descartes préparait le lecteur à accepter son système, qui ne sera pas celui de Copernic ni celui de Tycho. Un des derniers articles, qui conclut toute la discussion, est singulièrement révélateur : « lorsqu'un corps dur, dit notre philosophe, est emporté de la » façon que je viens de dire par un corps fluide, on ne peut pas » dire proprement qu'il se meut ». Et il rappelle textuelle- ment, dans ce même article, la définition du mouvement qu'il a donnée plus haut. La Terre, sans doute, n'est point nommée en cet endroit, ni le Soleil, ni les Planètes, ni les Étoiles ; mais c'est bien à la Terre qu'il pense, et à son mouvement autour du Soleil, qu'il voudrait rendre acceptable, en montrant qu'elle se meut à la fois et pourtant ne se meut pas. a Elle est empor- » tée par le cours du ciel (le petit ciel dont elle est le centre),

» fententia, dicentis, parum nos, quantum ad earum veritatem aut » fahîtatem, referre; feque non nili unam rem in totâ ipfius Phyficâ » invenilTe, ad quam una folummodô diiSarum regularum utcunque )> videatur referenda. Cuius rei caufa vei hœc elte poteli, ut motus, ad » quos ha: regulœ funt adhibendœ, ita abftra£lae {legè abftradi) exiftant, » ut nunquam talcs in rerum naturâ reperiantur. » {Corresp. de Chris-; tiaan Huygens, t. I, 1888, p. 3i2-3i3.)

Huygens répond, 27 déc. 1654 : « Quôd ex Algebrâ petitas régulas fuas » Cartefius ipfe profeffus eft, fane non ignoras folam in his Aigebram B nihil determinare poffe, fed principia ante ex motùs penetralibus accer- » fenda, quorum equidem plurima rectè à Cartefio conftituta fateor, » neque tamen omnia. Eafdem régulas ad reliquam ejus Philofophiam » haud magnopere pertinere neque multum referre ut pro veris habeantur, » meritô exiftimare videtur Dominus de Raeij. » [Ibid., t. I, p. Si/.)

a. Tome VIII, p. 70-78, ou t. IX (2« partie), p. 94-101.

b. Art. Lxii. Tome VIII, p. 77-78, ou t. IX (2« partie), p. 100.

Vie de Dcscartes. 4^

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