Page:Descartes - Les Principes de la philosophie, éd. 1647.djvu/149

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nous l'idée d'aucune autre matiere.

XXIII. Que toutes les varietez qui sont en la matiere dependent du mouvement de ses parties

Il n'y a donc qu'une mesme matiere en tout l'univers & nous la connoissons par cela seul qu'elle est estenduë : pource que toutes les proprietez que nous appercevons distinctement en elle, se raportent à ce qu'elle peut estre divisée & meuë selon ses parties; & qu'elle peut recevoir toutes les diverses dispositions que nous remarquons pouvoir arriver par le mouvement de ses parties. Car encore que nous puissions feindre de la pensée des divisions en cette matiere, neantmoins il est constant que nostre pensée n'a pas le pouvoir d'y rien changer, & que toute la diversité des formes qui s'y rencontrent depend du mouvement local, ce que les philosophes ont sans doute remarqué, d'autant qu'ils ont dit en beaucoup d'endroits que la nature est le principe du mouvement & du repos, & qu'ils entendoient par la nature, ce qui fait que les corps se disposent ainsi que nous voyons par experience.

XXIV. Ce que c'est que le mouvement pris selon l'usage commun

Or le mouvement (à sçavoir ce qui se fait d'un lien en un autre, car je ne conçoy que celuy-là & ne pense pas aussi qu'il en faille supposer d'autre en la nature.) Le mouvement donc selon qu'on le prend d'ordinaire, n'est autre chose que l'action par laquelle un corps passe d'un lien en un autre. Et tout ainsi que nous