Page:Descartes - Les Principes de la philosophie, éd. 1647.djvu/224

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vait avoir, mais néanmoins, comme on connaîtrait beaucoup mieux quelle a été la nature d'Adam et celle des arbres du Paradis si on avait examiné comment les enfants se forment peu à peu au ventre des mères, et comment les plantes sortent de leurs semences, que si on avait seulement considéré quels ils ont été quand dieu les a créé; tout de même nous ferons mieux entendre quelle est généralement la nature de toutes les choses qui sont au monde, si nous pouvons imaginer quelques principes qui soient fort intelligibles et fort simples, desquels nous fassions voir clairement que les astres, et la terre, et enfin tout le monde visible aurait pu être produit ainsi que de quelques semences, bien que nous sachions qu'il n'a pas été produit en cette façon; que si nous le décrivions seulement comme il est, ou bien comme nous croyons qu'il a été créé. Et pour ce que je pense avoir trouvé des principes qui sont tels, je tâcherai ici de les expliquer. XLVI. Quelles sont ces suppositions Nous avons remarqué ci-dessus que tous les corps qui composent l'univers sont faits d'une même matière, qui est divisible en toutes sortes de parties, et déjà divisées en plusieurs qui sont mues diversement, et dont les mouvements sont en quelque façon circulaires; et qu'il y a toujours une égale quantité de ces