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MARCELINE DESBORDES-VALMORE

au printemps, à Lyon. Mme Valmore était enceinte d’Ondine (Hyacinthe sur les registres de l’étal civil, où elle fut inscrite le 2 novembre de cette même année).

Le Journal de Lyon, aimable, fit « une entrée » à la femme de lettres, pour concilier d’avance à la comédienne la faveur du public ; et celui-ci, aisément persuadé, applaudit Mme Valmore dans l’Agnès de Molière et dans celle de Destouches[1], une Agnès de trente-cinq ans, à laquelle on ne les donnait pas. Au mois d’août, elle joua encore, aux côtés de son mari, Les Châteaux en Espagne, de Colin d’Harleville, Nanine, de Voltaire, le Dissipateur, de Destouches, le Joueur, de Regnard, les Fourberies et le Dépit amoureux. En tragédie, où il paraissait le plus souvent, elle ne l’accompagna sur le programme que dans la Frédégonde et Brunehaut, de Népomucène Lemercier.

Quel jour et dans quel rôle monta-t-elle pour la dernière fois sur les planches ? On n’en sait rien. Avant la naissance d’Ondine. Aussitôt après, elle dit adieu au théâtre. C’était bien assez que Valmore y fût rivé pour subvenir aux besoins de sa famille et d’un père tombé à sa charge. Le sacrifice ne coûta rien à Marceline. Elle n’avait jamais aimé le théâtre. « C’est le pire des métiers quand on n’y brille pas, écrivait-elle à son frère ; et encore quels dégoûts l’entourent et flétrissent la vraie gloire qu’il présente. »

  1. La fausse Agnès, ou le Poète campagnard, comédie en trois actes, en prose.