je vous embrassois tour à tour, toi, Horace et Duroupe, qui étoit à la maison ; mais notre petit avait perdu un œil, par une humeur qui venoit de se jeter dessus ; et la douleur de cet accident m’a réveillé. Je me suis retrouvé dans mon cachot ; il faisoit un peu de jour, ne pouvant plus te voir et entendre tes réponses, car toi et ta mère vous me parliez, je me suis levé au moins pour te parler et t’écrire. Mais ouvrant mes fenêtres, la pensée de ma solitude, les affreux barreaux, les verroux qui me séparent de toi, ont vaincu toute ma fermeté d’ame ; j’ai fondu en larmes, ou plutôt j’ai sangloté, en criant dans mon tombeau : Lucile ! Lucile ! ô ma chère Lucile ! où es-tu ? (Ici on remarque la trace d’une larme.) Hier au soir, j’ai eu un pareil moment, et mon cœur s’est également fendu, quand j’ai aperçu, dans le jardin, ta mère : un mouvement machinal m’a jeté à genoux contre les barreaux ; j’ai joint les mains, comme implorant sa pitié ; elle qui gémit, j’en suis bien sûr, dans ton sein. J’ai vu hier sa douleur (Ici encore une trace de larmes.), à son mouchoir et à son voile, qu’elle a baissé, ne pouvant tenir à ce spectacle. Quand vous viendrez, qu’elle s’assoye un peu plus près, avec toi, afin que je vous voie mieux ; il n’y a pas de danger, à ce qu’il me semble. Ma lunette n’est
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