Page:Dessaulles - Les erreurs de l'Église en droit naturel et canonique sur le mariage et le divorce, 1894.djvu/100

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
86
les erreurs de l’église

port de M. Trinquelague, l’abbé Boyer, comme nous venons de le voir, reprenait la thèse des anciens théologiens et affirmait que le prêtre seul était ministre du sacrement. On peut donc soutenir ce que l’on veut sur la question. J’ose me permettre de profiter de la liberté.

Au reste, il y a longtemps que c’est ainsi dans le système. Trompez-vous, et même trompez les autres, en disant des choses agréables au prêtre, vous êtes un ami de Dieu. Les fausses décrétales et la règle de Clément VI en sont la preuve. Mais ayez raison contre lui, vous devenez un suppôt de Satan, ce qui va probablement m’arriver.

XVII


Le R. Père rit sous cape de la naïveté de ceux qui vont passer un contrat devant le maire et encore plus de la naïveté de celui-ci qui croit avoir marié deux personnes. Le R. Père n’aurait pas dû oublier que le maire ne prétend légalement à autre chose que d’être le témoin officiel chargé d’enregistrer un mariage, exactement comme le prêtre est le témoin officiel de l’Église mais n’enregistrant rien du tout.

Mais puisque le R. Père parle de naïveté voyons donc un peu si elle ne serait pas ici plutôt chez lui que chez nous.

« Le prêtre n’est que témoin », dit-il. « Il ne marie pas car ce sont les conjoints qui sont ministres du