Page:Dessaulles - Lettres de Fadette, deuxième série, 1915.djvu/103

La bibliothèque libre.
Cette page a été validée par deux contributeurs.

sommes et nous serons obsédés par cette idée qui nous poursuivra partout.

Comme, aux heures tristes, nous nous sentons bien français, et dans notre amour pour la France et dans notre haine pour la déloyale Allemagne qui a voulu que son attaque soit un geste de traître !

Ici nous nous inquiéterons et nous prierons, c’est hélas ! tout ce que nous pouvons faire pendant que des milliers de Français partiront avec l’armée pour organiser les secours et se dévouer pour leur patrie.

Il y aura là des femmes et des jeunes filles, non pas en régiments d’amazones, mais en légion d’anges de dévouement.

On ne peut s’empêcher de comparer l’élan magnifique des dames françaises de la Croix-Rouge aux extravagances des suffragettes anglaises, et on se demande si celles qui revendiquent le seul droit de soigner les blessés et d’ensevelir les morts, appartiennent à la même espèce humaine que celles qui ne songent qu’à détruire et à tuer pour établir leurs prétendus droits. Ces dames de la Croix-Rouge qui, si nombreuses, s’offrent à servir la France, appartiennent réellement à l’armée : elles sont entraînées par une discipline sévère, une science réelle d’infirmière, une habitude de « servir », dans le sens noble du mot, qui vont les rendre des collaboratrices puissantes dans l’œuvre de sauvetage nécessité par les horreurs de la guerre.

La dame de la Croix-Rouge est « embriga-