Page:Dessaulles - Six lectures sur l'annexion du Canada aux États-Unis, 1851.djvu/47

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qu’ils formaient, dans la question que j’ai entrepris de traiter, le point de départ le plus naturel.

Chacun de ces sujets est une des causes efficientes du mouvement politique dans lequel le pays est entré, et l’annexion du Canada aux États-Unis sera le résultat de l’action réunie de toutes ces causes.

Il m’a semblé que je ne pouvais discuter la question de l’annexion qu’après avoir reparcouru, pour ainsi-dire, la route que le pays avait suivie, pour y arriver lui-même.

J’avais en un mot traité la question au point de vue du passé ; il me reste maintenant à la traiter au point de vue de l’avenir, à l’examiner en elle-même, à la considérer sous son vrai jour. Je vais m’efforcer de la dégager des sophismes ministériels sous lesquels on a essayé de l’étouffer. Elle est d’un intérêt vital pour le pays, car dans l’annexion est certainement son avenir, et dans l’annexion seulement est sa grandeur future.

Il n’est pas un homme sensé qui n’admette l’inévitabilité de notre fusion avec les États-Unis : et en effet, que le Canada soit arrivé à ce degré de maturité et de force, à ce point de développement moral auquel les nations se sentent majeures et ne croient plus avoir besoin de tutelle, voilà ce qui n’est plus nié que par ceux-pour qui le gouvernement responsable est la manne de l’Évangile.

Ce qu’il faut au pays maintenant, c’est un associé et non un maître ! c’est le libre-arbitre politique et non la verge coloniale !

Nous n’avons pas grandi à l’ombre de la domination anglaise pour y croupir ! Il nous faut du soleil, dorénavant ; les brouillards de l’Angleterre nous étiolent !

Le Canada serait-il aussi riche, aussi prospère que les États-Unis, il lui manquera toujours quelque chose, il souffrira toujours, sans en bien apprécier la cause, peut-être ; il sera toujours travaillé par un vague sentiment d’inquiétude et de malaise, tant qu’il n’aura pas acquis son indépendance ; car l’indépendance nationale est la plus grande jouissance des peuples par cela seul que le libre-arbitre individuel est le plus bel attribut de l’humanité.

Qu’est-ce que la divinité, sinon la souveraineté absolue, la puissance sans limites, l’indépendance entière et complète ?