Page:Deulin - Les Contes de ma mère l'Oye avant Perrault.djvu/143

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pas si bonne chère que les autres ; mais, quand elles eurent mangé, adonc dist Lucina :

« — Dames, nous avons cy bien été receues et pour ce ai-je faict naistre cest enfant à tous ses membres sains et entiers et en poinct de croître, s’il est bien gardé. Or tient à vous, dame Thémis, qui estes déesse des destinées.

« — Certes, dames, dist Thémis, c’est raison, mais come celle qui n’ay point eu de coustellerie, luy donne telle destinée que du premier fillet de lin qu’elle traira de sa quenoille, il luy entrera une areste au doy, en telle manière qu’elle s’endormira à coup et ne s’esveillera jusques à tant qu’elle sera succée hors.

« — Quand la déesse Vénus ouyt ce que sa compaigne avoit destiné à la créature, elle dist :

« — Dame, vous estes troublée, ce poise moy, mais par mon art je feray tant que l’areste sera succée dehors et amenderay tout.

« A tant elles se départirent si à coup que je ne sceuz qu’elles devindrent. »

L’auteur accommode évidemment la suite de l’histoire aux nécessités de son roman. Un oysel de merveilleuse figure, « car de la poictrine en amont il avoit forme de femme », entre par la fenêtre, prend l’enfant entre ses bras et s’envole. Zellandine en « démène grand dueil, mais le roy en a telle joye qu’il en faist une fête qui dure huyt jours, en louant