Page:Deulin - Les Contes de ma mère l'Oye avant Perrault.djvu/194

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vous serez chez nous, envoyez-moi du secours.

Elle les mit toutes les deux dans une hotte, et les couvrit d’or, si bien qu’on ne pouvait les voir ; puis elle appela le maître sorcier et lui dit :

— Prends sur ton dos cette hotte et, pour qu’en chemin tu ne t’arrêtes pas ni te reposes, je veille et je regarde par ma petite fenêtre.

Le maître sorcier prit la hotte sur son dos et s’en fut ; elle était si lourde que la sueur lui coulait sur les joues. Il voulut se reposer un peu, mais une voix dans la hotte cria aussitôt :

— De ma petite fenêtre je vois que tu t’arrêtes : veux-tu bien marcher tout de suite !

Il crut que c’était sa future qui parlait et se remit en marche. Un peu plus loin, il voulut encore s’asseoir, mais on cria de plus belle :

— De ma petite fenêtre je vois que tu t’arrêtes : veux-tu bien marcher tout de suite !

Et chaque fois qu’il s’arrêtait, la voix reprenait et il se remettait en route, jusqu’à ce qu’enfin, geignant et hors d’haleine, il déposa la hotte avec l’or et les deux filles dans la maison de leurs parents.

Cependant la future apprêtait tout pour la noce et envoyait inviter les amis du maître sorcier. Elle prit ensuite une tête de mort avec des dents grimaçantes, y ajusta une parure et une couronne de fleurs, la porta en haut et la posa à la lucarne comme si la tête regardait dehors.