Page:Deulin - Les Contes de ma mère l'Oye avant Perrault.djvu/222

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cadeaux qu’il avait reçus, il envoya aussitôt des gens au secours du malheureux.

Messire Constantin fut retiré de l’eau et revêtu de bons habits. On le mena devant le roi, qui l’accueillit fort gracieusement et lui demanda comment il se faisait qu’on l’avait jeté dans la rivière. Constantin était encore trop ému pour répondre ; aussi la chatte, qui ne quittait jamais ses talons, dit au monarque :

— Sachez, sire, que mon maître était chargé de bijoux qu’il venait vous offrir. Des voleurs l’apprirent par leurs espions et le dépouillèrent entièrement ; puis, pour lui ôter la vie, ils le jetèrent dans le fleuve, d’où ces gentilshommes l’ont tiré.

Le roi, à ces mots, commanda qu’on prît soin de Constantin et qu’on le traitât avec honneur. Le voyant si beau, et sachant d’ailleurs qu’il était riche, il résolut de lui offrir la main de sa fille Élisette et de donner pour dot à celle-ci de l’or, des diamants et un magnifique trousseau.

Les noces faites et les réjouissances terminées, il ordonna de charger d’or dix mulets et cinq serviteurs de superbes vêtements, et les envoya avec un cortège de gentilshommes à la maison de son gendre.

Tout en se voyant ainsi comblé d’honneurs et de richesses, Constantin ne savait où conduire sa femme. Il tint conseil avec sa chatte, qui lui dit :