Page:Deulin - Les Contes de ma mère l'Oye avant Perrault.djvu/238

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fées ou les princes n’épousent pas les bergères pour leur dot.

Dans les Méquennes de Marie au blé, un conte flamand qui a des points de ressemblance avec la Dame Hollé des frères Grimm (traduction Franck), les choses semblent arrangées d’une façon plus logique. C’est la mauvaise fille qui rencontre d’abord la fée ; elle peut ainsi sans invraisemblance se montrer telle qu’elle est ; plus tard, elle ne s’abandonne à son naturel qu’après avoir tenté de se contraindre ; le jeune prince est désolé qu’on l’oblige à l’épouser, bien qu’elle ait le don de tout changer en or, et finalement il épouse l’autre pour ses beaux yeux.

Ce récit figure dans nos Contes du roi Cambrinus, et nous sommes d’autant plus à l’aise pour en louer la disposition, que nous l’avons trouvée à peu près telle dans la tradition populaire.

Ce n’est pourtant pas dans l’arrangement des faits qu’il faut chercher le plus grand défaut des Fées. Ce maigre récit n’offre que le début et le dénoûment d’un conte ; le nœud, autrement dit le drame, est absent. Il est aisé de voir que l’action tourne court et on en conclut sans peine que la tradition contenait quelque chose de plus et de mieux.

Bien que ce quelque chose, dans la plupart des traditions que nous allons parcourir, franchisse les bornes que Perrault assigne volontiers au merveilleux,