Page:Deulin - Les Contes de ma mère l'Oye avant Perrault.djvu/262

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


d’être mise sur un piédestal, il la prendrait pour femme. Ciommo n’eut garde de perdre une si bonne occasion. Il envoya tout de suite un courrier conter la chose à sa mère et l’engager à partir sur-le-champ avec sa fille pour qu’elle ne manquât pas sa fortune.

Luceta, qui était malade, confia la brebis au loup et pour tel et tel motif pria sa sœur de lui faire le plaisir d’accompagner Martiella jusqu’à la cour de Chiunzo. Voyant que l’affaire tombait à point en son pouvoir, Troccola promit à sa sœur de remettre sa nièce saine et sauve aux mains de Ciommo.

Elle s’embarqua donc avec Martiella. Quand on fut au milieu de la mer, pendant que les matelots dormaient, elle précipita sa nièce dans les flots. Comme l’infortunée allait faire le plongeon, il survint une fort belle sirène qui la prit dans ses bras et l’emporta.

Lorsque Troccola arriva à Chiunzo, Ciommo reçut sa cousine comme si elle eût été Martiella. Il n’avait pas vu sa sœur depuis si longtemps qu’il avait oublié ses traits. Il la conduisit tout de suite devant le roi.

Celui-ci la fit peigner et il commença de tomber une pluie de ces animaux si ennemis de la vérité que toujours ils offensent les témoins[1].

  1. i. C’est-à-dire : ils blessent la vue de ceux qui les regardent.