Page:Deulin - Les Contes de ma mère l'Oye avant Perrault.djvu/305

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée



Cette mégère ne tarda pas à prendre sa belle-fille en haine. Elle lui montrait toujours une mine renfrognée et la regardait avec des yeux furibonds qui faisaient trembler la pauvre innocente. Celle-ci se plaignait journellement à sa maîtresse des mauvais traitements de sa marâtre, et elle ne cessait de lui répéter :

— Ô mon Dieu ! que n’es-tu ma petite mère, toi qui me fais tant de mamours et de câlineries !

Elle lui murmura tant et tant ces mielleuses paroles à l’oreille que la maîtresse, aveuglée par l’esprit malin, finit par lui dire :

— Écoute, si tu veux suivre l’inspiration de cette folle tête, je deviendrai ta mère, et tu me seras aussi chère que la prunelle de mes yeux.

Comme elle voulait continuer, Zezolla (ainsi se nommait la jeune fille) lui dit :

— Pardonne si je te coupe la parole. Je sais combien tu m’aimes, donc chut ! il suffit. Indique-moi le moyen d’en finir ; écris, je signerai.

— Fais bien attention, répliqua la maîtresse, écoute bien, ouvre l’oreille et le pain blanc te viendra comme la rosée aux fleurs. Quand ton père sera sorti, demande à ta belle-mère une des vieilles robes qui sont dans le grand coffre du cabinet de toilette, et dis que c’est pour ménager celle que tu as sur le dos. Comme elle aime à te voir en haillons, elle ouvrira le coffre et te dira : « Tiens le couvercle. » Tandis