Page:Deulin - Les Contes de ma mère l'Oye avant Perrault.djvu/313

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Cela dit, il appela son secrétaire, fit sonner de la trompette, et, tu, tu, tu ! fit annoncer qu’il invitait toutes les femmes de la terre à une grande fête, suivie d’un grand festin. Le jour fixé arriva. Ah ! mon ami, quel dîner à se lécher les doigts ! Il y avait tant et tant de mets délicats, de pâtisseries et de sucreries, de macaroni et de ravioli[1], qu’on aurait pu en nourrir une armée entière.

On y voyait des femmes de toute sorte ; des nobles et des roturières, de riches et de pauvres, de jeunes et de vieilles, de belles et de laides. Le roi leur essaya la pantoufle à toutes les unes après les autres pour reconnaître celle qu’il cherchait. Mais comme pas un pied n’y pouvait entrer, il commença de désespérer.

Néanmoins, il fit faire silence, et dit à chacune :

— Revenez demain faire pénitence avec moi[2], mais si vous m’aimez, vous ne laisserez pas une seule femme à la maison, quelle qu’elle soit.

Alors le prince dit :

— J’ai bien encore une fille, mais c’est une malheureuse qui garde toujours le coin du feu, et je ne la crois pas digne de s’asseoir à la table de Votre Majesté.

— C’est justement celle-là, répondit le roi, qu’il faut m’amener. C’est elle que je désire.

  1. i. Sorte d’entremets.
  2. 2. Formule de politesse.