Page:Deulin - Les Contes de ma mère l'Oye avant Perrault.djvu/49

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vers la fin du seizième siècle, J.-B. Basile était comte del Torone et mourut en 1637 au service du duc de Mantoue. On a de lui, sous le titre de Opere poetiche (Mantoue, 1613), des madrigaux, des odes, de petits poëmes, etc. Son Pentamerone, écrit en dialecte napolitain, contient cinquante contes de fées et quatre églogues. Génin affirme qu’à son apparition ce livre eut un prodigieux succès ; M. Charles Giraud prétend au contraire qu’il n’eut pas alors un grand retentissement. Ni l’un ni l’autre ne nous disent sur quoi ils basent leur assertion. Tout ce que nous savons, c’est qu’il fut réédité à Naples, trente-sept ans après, en 1674 et à Rome en 1679, qu’en outre il fut traduit deux fois : i° en langue italienne vulgaire (Naples, 1754) ; 2° en patois bolonais (Bologne, 1742, et Venise, 1813). À l’heure actuelle, il est moins connu en Italie qu’en France et surtout en Allemagne, où, en 1864, M. Félix Liebrecht en a publié une traduction.

Ce n’est pas au cavalier Basile, c’est à un troubadour que Mlle Lhéritier — elle-même nous en prévient — a emprunté l’Adroite princesse. F. Génin, qui a imité un des contes du Pentamerone, déclare, on l’a vu, cet ouvrage « impossible à traduire en français. » Il n’en a pas moins prétendu que ce recueil était la source où Perrault avait puisé « le fond de sa narration, qu’il écrivit, ajoute-t-il, à sa guise, platement et sans couleur. » Cette