Page:Deulin - Les Contes de ma mère l'Oye avant Perrault.djvu/72

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d’Édouard Lancereau (p. 333), cette fable, germe informe que développera plus tard l’imagination licencieuse des sages indiens.

Un tisserand du nom de Mantharaka[1] brise son métier par accident. Il prend sa hache, s’en va au bord de la mer, choisit un gros arbre et se met à l’abattre. Au premier coup, il entend la voix d’un génie qui lui crie :

— Holà ! cet arbre est mon logis et je ne puis le quitter, attendu que j’y respire la brise de la mer.

— Mais, dit l’homme, il me faut du bois pour fabriquer un métier, sinon ma famille va mourir de faim.

— Laisse-moi cet arbre, répond le génie, et demande tout ce que tu voudras, je te le donnerai.

Notre homme s’en retourne et rencontre le barbier du village qui lui conseille de souhaiter d’être roi. Sa femme, au contraire, lui persuade de rester dans sa condition et de demander au génie deux têtes et quatre bras, afin de faire double besogne.

Le pauvre diable suit ce mauvais conseil et va retrouver le génie, qui exauce son souhait. À son retour, les gens du village le prennent pour un rakchâsa[2], se jettent sur lui et l’assomment.

Remarquez que, dès le point de départ, c’est la

  1. Niais.
  2. Génie malfaisant qui se transforme à sa guise.