Page:Devaux - Les Fellatores, mœurs de la décadence, 1888.djvu/22

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Quand la saison estivale permit aux Parisiens de fréquenter les stations cotées des bords de la Seine, on aperçut le délicieux Arthur en des costumes de canotier d’une tonalité vibrante.

Il étonnait le public par le goût inné, par le choix des nuances de ses maillots, par la forme savante de ses culottes courtes, par la fraîcheur de coloris de son bas, que son mollet mettait vigoureusement en lumière. Les poings sur les hanches, la casquette en arrière, Arthur Tomado était un chef-d’œuvre d’élégance et de poésie.

Ses légers souliers découverts, décorés de bouclettes d’argent fin, donnaient à toute sa personne la suprême envolée d’une exquise statuette.

Cette année-là, un soir de gala au Casino de Bougival, un indiscret dessilla l’entendement de ceux qui s’abusaient sur la situation dorée de Tomado.

C’était un contempteur de rastaquouères et de