Page:Dickens - La Petite Dorrit - Tome 1.djvu/6

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louables. Si j’avais l’espoir de me faire pardonner la pensée incroyable qu’une mauvaise pensée peut quelquefois se faire assez illusion pour se croire au contraire salutaire, religieuse et de bon exemple, je me contenterais de remarquer qu’il est assez curieux que cette pensée ait été développée dans les pages de la Petite Dorrit, à l’époque de l’interrogatoire public des derniers ex-directeurs de la banque Royal British. Mais je consens, s’il le faut, à me laisser condamner par contumace sur tous ces points et à accepter l’assurance (qui me vient de fort bonne source) qu’on n’a jamais rien vu de pareil dans les Îles Britanniques.

Quelques-uns de mes lecteurs ne seront peut-être pas fâchés de savoir s’il reste encore debout quelques pierres de la prison de la Maréchaussée. Moi-même je n’en savais rien avant le 6 du présent mois, jour où j’ai entrepris un voyage d’exploration vers l’endroit où s’élevait autrefois cet édifice. J’ai retrouvé la cour extérieure, si souvent mentionnée dans ce récit, transformée en un marché au beurre, et en faisant cette découverte, je commençais à croire que la dernière brique de la vieille prison avait disparu. Cependant, ayant erré jusqu’à un endroit qui se donnait pour Angel-Court, conduisant à Bermondsey, j’arrivai sur la place de la Maréchaussée, dans les maisons de laquelle je reconnus non-seulement la masse des bâtiments de l’ancienne geôle, mais les chambres mêmes que j’avais eues en vue en devenant le biographe de la petite Dorrit.

Le plus petit garçon avec lequel j’aie jamais eu l’avantage de causer, tenant dans les bras le plus gros baby que j’aie jamais vu, me donna des explications d’une clarté prématurée à propos des anciens usages de la localité, et je trouvai en lui un cicérone assez sûr en général. Comment ce jeune Newton (car je ne le flatte pas en lui donnant ce titre) a-t-il pu acquérir ses connaissances topographiques ? c’est ce que j’ignore complétement. Il était trop jeune d’un quart de