Page:Dickens - Les Papiers posthumes du Pickwick Club, Hachette, 1893, tome 1.djvu/427

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firmée par la réapparition inattendue de Gabriel Grub lui-même, qui revint au bout d’une dizaine d’années, vieillard pauvre et infirme, mais content. Il raconta ses aventures au pasteur et au maire, de sorte qu’après un certain temps, elles passèrent dans le domaine de l’histoire, où elles sont restées jusqu’à ce jour. Seulement ceux qui avaient cru à la brèche du coq de cuivre, s’apercevant qu’ils avaient été attrapés une fois, ne voulurent plus rien croire du tout. Ils prirent donc un air aussi malin qu’ils purent, levèrent les épaules, touchèrent leur front, et murmurèrent quelque chose sur ce que Gabriel Grub avait bu toute son eau-de-vie, et s’était endormi sur la tombe plate. Quant à ses observations dans la caverne des goblins, c’était tout simplement qu’il avait vu le monde et était devenu plus sage. Néanmoins cette opinion ne fut jamais populaire, et s’éteignit graduellement. Quelle que soit la version véritable, comme Gabriel Grub fut affecté de rhumatismes jusqu’à la fin de ses jours, son histoire a tout au moins une moralité : c’est qu’un homme atrabilaire, qui boit tout seul la veille de Noël, peut être bien sûr de ne pas s’en trouver mieux, quand même son eau-de-vie serait aussi bien rectifiée que celle du roi des goblins.


FIN DU PREMIER VOLUME