Page:Dictionnaire analytique d’économie politique.djvu/121

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CANAUX. — En économie politique, les canaux sont des routes pour le transport des produits du travail du lieu de leur production, à celui de leur emploi ou de leur consommation.

On connait quatre sortes de routes pour ce genre de service.

Les unes, difficiles à franchir, ne servent à l’homme que pour le transport de faibles et d’improfitables fardeaux. S’il n’en avait jamais existé d’autres, tous les pays, malgré leur fertilité naturelle, seraient en grande partie incultes ou mal cultivés et réduits à une population faible et misérable. Sans débouchés pour l’excédant des produits, la production serait toujours limitée par les besoins de, la consommation ; et dès lors, plus de motifs et de moyens d’économie, d’accumulation, d’accroissement du travail, de prospérité publique et de richesse particulière et générale. Condamnés à rester stationnaires, les peuples n’auraient recueilli de l’abondance des récoltes qu’une richesse inutile, tandis que leur stérilité les eût exposés à d’effroyables calamités ; ils auraient eu également à souffrir d’avoir trop et de n’avoir pas assez. Telle est en effet la condition de tous las pays sans communication avec d’autres pays, ou dont les communications ne sont ouvertes qu’aux transports que l’homme peut effectuer avec ses seules forces. Là, il n’y a que souffrance et misère, et point d’espoir de soulagement pour la population, d’avancement,