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C. 87. aussi bien que Vossius, de Hist. Gr. L. III. & de Scient. Mathem. C. 33. §. 29.

Achille, se dit figurément de ceux qui ressemblent à Achille. C’est un Achille ; c’est-à-dire, un grand homme de guerre, un homme brave comme Achille.

De jeunes conquérans que la gloire a charmés,
Savent l’art de ranger des bataillons armés,
Et de forcer les murs des plus superbes villes ;
Mais il faut des Nestors à ces jeunes Achilles.

Flech.

L’empereur Maximin fut appelé un Hercule, un Achille, un Ajax, dit Capitolin dans la vie des deux Maximins. Albert, Électeur de Brandebourg, fils de Frédéric I, fut surnommé pour les belles actions, l’Achille d’Allemagne.

Achille. Terme d’Anatomie. Le tendon d’Achille est la corde dans laquelle se confondent les tendons des quatre muscles du pied, appelés extenseurs ; c’est-à-dire, des deux gémeaux, du solaire, & du plantaire. On la nomme Tendon d’Achille parce que l’on dit qu’il mourut d’une blessure qu’il y avoit reçue. Les plaies de cette partie sont fort dangereuses, & causent de fâcheux accidens. Dionis.

Achille. Nom qu’on donnoit dans les écoles à l’argument principal de chaque Secte. Achilles. Voila son Achille ; c’est-à-dire, une raison invincible, un argument auquel on ne peut rien opposer. En particulier on appelait Achille, le fameux argument de Zenon d’Élée contre le mouvement. Ce Philosophe mettoit en comparaison la lenteur d’une tortue avec la vitesse d’Achille, pour montrer qu’un mobile lent, qui précède tant soit peu un mobile vite, n’en peut jamais être devancé.

ACHILLÆA. s. f. Nom que les anciens Botanistes ont donné à plusieurs plantes de différens genres. On prétend que l’Achilæa de Dioscoride & de Pline, n’est autre chose que notre Millefeuille ; conjecture dont on pourroit faire voir le foible, en montrant que les descriptions que nous en ont laissées Dioscoride & Pline, conviennent tout aussi bien à d’autres plantes, auxquelles on n’a jamais attribué aucune qualité excellemment vulnéraire. On croit qu’elle a pris son nom d’Achille, disciple de Chiron Centaure, qu’on dit être le premier qui l’a mis en usage pour guérir les plaies & les ulcères. La plante qu’on nomme Achillæa, en latin, Achillæa montana, à présent est une espèce de Jacobée, appelée Jacobæa foliis ferulaceis, &c. Inst R. Herb. Ses racines sont fibreuses & noirâtres, & donnent beaucoup de feuilles découpées menu comme celles de l’aurone ; mais elles sont plus amples, d’un vert gai, & d’une odeur qui n’est pas désagréable lorsqu’on les écrase ; leur goût est amer & désagréable. Les tiges qui s’élèvent d’entre ces feuilles, ont un ou deux pieds environ de hauteur : elles sont quelquefois branchues, toujours garnies de feuilles semblables à celles du bas de la tige, mais un peu plus courtes. Ses fleurs naissent à l’extrémité des tiges en manière de bouquet : elles sont jaunes, radiées, un peu plus petites que celles de la matricaire. Ses semences sont oblongues, grêles & chargées d’une aigrette. On ordonne aux asthmatiques, & à ceux qui ont des durillons dans le poumon, d’user de cette plante en fumée, comme du tabac.

☞ ACHILLÉES. adj. pl. Pris substantivement. C’est le nom qu’on donnoit aux fêtes instituées en l’honneur d’Achille. Achillæa.

ACHILLÉIDE. s. f. Achilleis. C’est le nom d’un Poëme de Stace, dans lequel il devoit décrire toute la vie d’Achille. Il n’a décrit que son enfance. La mort l’empêcha de continuer.

☞ ACHIM & ACHIN. Voyez Achem.

ACHIOTE. s. f. Fruit fort estimé par les Indiens, qui vient de la nouvelle Espagne, qui croît à un arbre nommé Achiote, ou Pamaqua, qui est assez semblable à l’oranger. Le tronc est roux & les branches aussi. Ses feuilles sont comme celles de l’orme pour la couleur & l’âpreté, ses fleurs blanches & purpurines distinguées en cinq feuilles, taillées en étoile. Son fruit est gros comme une petite amande verte, quadrangulaire, avec une écorce semblable à la première écorce de la châtaigne, contenant plusieurs grains rouges, comme des raisins, mais plus ronds. Il est vert toute l’année, & porte son fruit au printemps, & alors on le taille. On tire du feu de son bois comme d’un caillou. De son écorce on fait des cordes plus fortes que celles de chanvre. De sa semence on fait de la teinture pour colorer en rouge cramoisi, & on la mêle avec succès dans toutes les potions réfrigérantes. On en fait une pâte à mesure qu’elle sèche. On en fait des boules, des tourteaux, & on les vend en forme de brique. Ceci est tiré de François de Ximénez, de Laed, & d’Eusébe de Nuremberg, qui en ont fait la description. Voyez Rocou.

ACHIOTI. s. m. Nom que les Brésiliens donnent à la drogue des Teinturiers, qu’on appelle plus communément Rocou. Voyez ce mot.

ACHIR. Ville de la basse Volhinie, en Pologne. Achirum. Elle est sur le Voraklo, sur les confins du duché de Worotin.

ACHIT, ou ACHITH. s. m. Espèce de vigne qui croît à Madagascar, & dont le raisin est de la grosseur de notre verjus. Cette vigne donne beaucoup de grappes vers les mois de Décembre, Janvier & Février. Ses sarmens sont toujours verts ; ses feuilles sont arrondies, entières & semblables à celles du lierre. Les Sauvages appellent son fruit Voachis. Flacourt, Hist. Madag. 138.

ACHLYS. s. m. C’est le nom du premier Être, qui existoit, suivant quelques Auteurs Grecs, avant le monde, même avant le chaos ; le seul qui fut éternel, & duquel tous les autres Dieux avoient été produits.

☞ ACHOAVAN. Voyez Achaovan.

ACHOISON. s. f. Vieux mot. Occasion heureuse ou malheureuse, aventure, accident. Occasio, Fortuna. S’il en a l’achoison. Marot. C’est-à-dire, s’il en a l’occasion. Ce mot vient d’Occasio. Huet. On disoit aussi, achaison, acoison, aquoison.

ACHONRI. Petite ville de la Connacie, en Irlande. Achonrita, Achada. Elle est sur la rivière du Shennon, dans le comté de Letrim.

ACHOPPEMENT. Occasion de se tromper ; sujet de scandale. Offensaculum, Offendiculum. Il ne se dit qu’au figuré, & presque toujours dans cette phrase : Pierre d’achoppement. Cet Auteur raisonne sur un faux principe ; c’est une pierre d’achoppement qui le fait broncher partout. Quelques-uns emploient ce mot seul. C’est l’achoppement de l’antiquité, pour dire, l’écueil. On ne doit pas les imiter. On disoit autrefois achopper, pour arrêter.

ACHOR. Vallée de la Terre-Sainte. Vallis Achor. Elle étoit de la tribu de Benjamin, & avoit au midi la plaine de Jéricho, & au nord la ville de Galgala, peu loin du Jourdain.

ACHORES. s. m. C’est la troisième espèce de teigne. Les achores sont des ulcères de la tête qui s’étendent toujours, perçant la peau de plusieurs petits trous, dont il sort une ordure visqueuse. La cause prochaine des achores est une humeur acre, séreuse, nitreuse & piquante, jointe à une humeur grossière. Degori. Achores, um. Ce mot signifie, croûte, lait. Il vient de l’α privatif, & de χῶρος, lieu, espace ; parce que chaque ulcère en particulier n’occupe qu’un très-petit espace : mais ils se joignent plusieurs ensemble.

ACHORUS, ou ACHOR. s. m. Dieu du Paganisme, que ceux de Cyrène avoient coutume d’invoquer, afin qu’il fît mourir les mouches, qui, par leur nombre prodigieux infectoient l’air, & causoient la peste dans leur pays. Pline le nomme Achorus ; mais S. Grégoire de Nazianze le nomme Acharon.

ACHOUROU. s. m. Espèce de laurier qui croît en Amérique, que l’on appelle Bois d’Inde. Il s’élève beaucoup, son bois est très-dur, de couleur rouge, & on l’emploie dans les ouvrages auxquels on veut donner la plus grande solidité. Ses feuilles & son fruit, qui sont aromatiques, entrent dans les ragoûts, qu’ils rendent plus agréables au goût. Les feuilles, qui sont très-suc-