Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, I.djvu/155

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reste, quoique tous les Æons fussent différens de Dieu en grandeur, ils étoient de la même nature, & de la substance même de Dieu. Simon le magicien est le premier inventeur des Æons ; Valentin les perfectionna, & en reconnut jusqu’à 30. S. Irénée, L. I. des Hérés. & L. II. C. 4. Tertullien, dans son Traité contre les Valentiniens, & S. Epiphane, dans l’Hérésie 31, sont parmi les Anciens, ceux qui ont le plus expliqué la doctrine des Æons. Théodoret & Philastrius en ont aussi parlé. Et parmi les Modernes, Baronius à l’an de Jesus-Christ 145 & 175. le P. Alexandre, M. de Tillemont & M. Fleury, Hist. Eccl. & M. Du Pin, Biblioth. des Auteurs Eccl. II. Part. Des 3. premiers siècles. Les Centuriateurs en ont aussi dit quelque chose. Cent. II. C. 5.

Æon. C’est la première femme du monde, dans le système des Phéniciens. Elle apprit à ses enfans à faire usage du fruit des arbres pour leur nourriture, dit Sanchoniathon. Voyez Éon.

ÆQ.

ÆQUATEUR. Voyez Équateur.

ÆQUIPOLLENCE, ÆQUIPOLLANT, ÆQUIPOLLER. Voyez Équipollence, &c.

ÆQUIVOQUE. Voyez Équivoque.

AER.

AËRER. V. a. Donner de l’air, chasser le mauvais air. ἀερείν, purgare. Il signifie aussi mettre un bâtiment, une maison en bel air. Aperto, Liberiori cœlo exponere, supponere. Aërer la chambre d’un malade. Il a fait percer sa galerie des deux côtés pour l’aërer davantage. Dans la troisième acception il est de peu d’usage, & en sa place, on dit, mettre en bel air. Ce mot vient d’aër.

AËRÉ, ÉE. adj. Qui est bien exposé à l’air dans une plaine, ou sur une élévation. Liberiori cœlo expositus, suppositus. Une maison bien aérée est fort saine. Le Château neuf de S. Germain est bien aëré. Il ne se dit qu’en parlant de la situation d’une maison.

AËRIE. Nom de l’île de Crète. Voyez Créte.

AËRIEN, ENNE. adj. Qui est fait d’air, ou qui se résout en air. Aërius, Aëreus. Dans la dissolution des corps, les parties aëriennes s’élevent en l’air. Les atômes aëriens montent les premiers dans un alembic. On dit que les bons ou mauvais Anges qui paroissent, prennent des corps aëriens. Les Esséniens, la secte la plus parfaite des Juifs, pensoient que les ames étoient d’une matière aërienne. Arn. Porphyre & Jamblique ont admis des démons, des esprits aëriens, auxquels ils ont donné divers noms. Les Peintres appellent une perspective aërienne, celle qui fait paroître les corps diminués à proportion de leur éloignement, ou distance de la terre, ou du plan géométral qui représente la terre.

AËRIENS. Nom de Sectaires, qui tirent leur origine d’un certain Aërius, lequel vivoit encore au temps de S. Epiphane, & qui avoit sur le mystère de la Trinité les mêmes sentimens que les Ariens. Il avoit outre cela plusieurs opinions particulières qui sont rapportées fort au long par ce S. Evêque, hœrs. 75. & entr’autres celle-ci : qu’il n’y avoit aucune différence entre les Evêques & les Prêtres ; que la prêtrise & l’épiscopat étoient absolument le même Ordre & la même dignité. L’Evêque, disoit-il, impose les mains, le Prêtre les impose aussi : l’Evêque est assis dans le trône, le Prêtre y est aussi assis : S. Epiphane se déclare en ce lieu-là fortement pour la supériorité des Evêques, & il répond en particulier à toutes les raisons d’Aërius, qui s’appuyoit principalement sur quelques passages de S. Paul, & entr’autres sur celui de l’Ep. I à Tim. C. 4. v. 14. où ce S. Apôtre lui recommande de ne point négliger le don qu’il a reçu, lorsque l’assemblée des Prêtres lui a imposé les mains. Il n’est parlé en cet endroit, disoit Aërius, que des Prêtres seulement, & nullement des Evêques. Mais il est aisé de voir que le mot de Prêtres dans S. Paul, signifie également les Evêques ; ensorte que Presbyterium, qui est dans le grec & dans le latin de la vulgate, se prend pour le sénat ou l’assemblée de ceux qui présidoient aux églises. S. Paul avoit ordonné Thimothée, étant accompagné des Prêtres ou Evêques, qui se trouvoient présens à l’ordination. Voy. le mot Anciens. Il faut prononcer dans le mot Aëriens le premier ë séparé de l’a, Aëriens en quatre syllabes, & non pas Æriens, ainsi qu’écrivent quelques auteurs, comme si ce n’étoient que trois syllabes. La raison qu’Aërius eut de se séparer de l’Eglise, fut le chagrin qu’il eut de ce qu’en 349 ou 355, selon un autre sentiment, Eustathe lui fut préféré pour l’Évêché de Sébaste en Arménie. Voyez S. Epiph. her. 75. S. Aug. hér. 53. Onuphrius Chron. A.C. 349. Sander. hér. 69. Tillemont, Histoire Ecclésiastique, T. IX.

AËRIENNES. s. f. & adj. pl. Sorte de guêpes. Les guêpes aëriennes sont la plus petite espèce de toutes celles qui vivent en société. Elles attachent communément leurs nids soit à une branche d’arbre, soit à une paille de chaume qui est encore debout sur terre, soit à une plante ; quelquefois leurs nids sont attachés contre des murs & dans des buissons. La pâture qu’elles apportent à leurs petits, paroît à la vue & au goût, être des entrailles d’insectes.

AËRIER, ou AIRIER. v. a. C’est purifier l’air de quelque lieu, en y brûlant des senteurs pour en rendre l’air plus pur. Infectam auram purgare. Aërier une maison. Ce mot ne se dit que très-rarement, & en sa place, on se sert d’un tour qui signifie la même chose.

AËROGRAPHIE. s. f. Description de l’air, traité de l’étendue de l’air. Aërographia. Il y a dans Caramuel une Aërographie.

Ce mot vient d’ἀὴρ, air, & de γραφω, j’écris, je décris.

☞ AËROLOGIE. s. f Traité sur l’air, ses propriétés, ses bonnes ou ses mauvaises qualités. Aërologia.

AËROMANCIE. s. f. Ce mot vient du Grec ἀὴρ, air, & μαντεία, divination. C’est l’art de deviner par le moyen de l’air. Il y a plusieurs sortes d’aëromancies, dont Bodin ne traite point dans le livre des Sorciers. L’aëromancie est une science vaine. Les Païens s’attachoient à l’aëromancie ; mais les Chrétiens la rejettent comme fausse & superstitieuse. C’étoit une des sept espèces de divination en usage chez les Perses.

☞ AËROMÈTRE. s. m. Aerometrum. C’est ainsi qu’on appelle un instrument dont on se sert pour connoître la condensation, ou la raréfaction de l’air. Du grec ἀὴρ air, & μέτρον, mesure.

AËROMÉTRIE. s. f. Aerometria. C’est l’art de mesurer l’air, ses forces, ses propriétés. Chrétien Wolfius, professeur de Mathématiques en l’Université de Hall de Magdebourg, a donné un Traité d’Aërometrie, intitulé, Aerometria Elementa, à Leipzic, 1709.

ÆROPE. s. f. Femme d’Atrée. Voyez Érope.

AËROPHOBE. s. m. & f. Qui craint l’air. De ἀὴρ, air, & de φόβος, crainte. Cœlius Aurelianus dit qu’il y a des phrénétiques que le grand jour effraie, & d’autres qui craignent l’obscurité.

☞ AÉROPHOBIE. s. f. Nom de la maladie phrénétique de ceux qui craignent l’air.

ÆRRA, ou ÉRACCA. Ville de l’Estramadure Portugaise. Ærraca, Eracca. Elle est sur la rivière de Zaras, entre Montargil & Coruche.

ÆRUGINEUX, EUSE. adj. Qui tient de la rouille, qui ressemble à la rouille de l’airain, Æruginosus. Il y a une bile verte qu’on peut appeler ærugineuse & porracée. Mém. de Tr. Ce mot vient du Latin æruginosus, qui vient de ærugo, rouille.

☞ On nous dit dans le grand Vocabulaire que c’est un vieux mot qui signifioit autrefois rouillé. Ne croiroit-on pas d’après cela, que ce mot est suranné. Il est vrai qu’il est vieux, & qu’il signifioit autrefois (ce qu’il signifie encore aujourd’hui), ce qui tient de la nature de la rouille, ce qui lui ressemble ; mais malgré sa vieillesse il est toujours usité. On écrit seulement érugineux. Une bile érugineuse.

ÆS.

ÆSCHÉCHER. Ville d’Anatolie. Lemopolis, Aclara, Aspropolis. Elle est sur le golfe de Saint Pierre, ou San Petro, dans la Contrée d’Audinelli, qui étoit autrefois la Carie.