Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, I.djvu/222

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nes de l’un & de l’autre métal en Suède. Elles appartiennent toutes de droit au Roi par un usage immémorial. Il est permis de les ouvrir par-tout où on les trouve. La noblesse a de grands priviléges par rapport au travail des mines. Ceux qui les cherchent & qui les trouvent, en ont de même, aussi-bien que les ouvriers qui n’ont d’autre métier que celui de travailler aux mines, & ceux qui travaillent aux instrumens & aux machines nécessaires à ces ouvriers. Les mines de Sahlberg, celle qu’on appelle de la montagne de Cuivre, Cuprimontima, & celle de Galpenberg, sont les plus fameuses de Suède, & celles qui ont le plus de priviléges. La dernière se trouve aujourd’hui beaucoup plus abondante qu’elle n’étoit autrefois. 

Airain de Corinthe. C’étoit un mélange de métaux fort estimé chez les Anciens, fait, selon quelques-uns, de quatre parties d’or, & d’argent. Æs Corinthium.

☞ En parlant des quatre âges du monde, dont la fable fait mention, on appelle siècle d’airain, ou âge d’airain, celui qu’on a placé entre le siècle d’argent & le siècle de fer. Sæculum æreum. Ætas ahenea.

☞ Au figuré, on dit un siècle d’airain, pour désigner des temps durs, malheureux.

☞ On dit aussi un ciel d’airain, pour désigner un temps aride, où il ne tombe ni pluie, ni rosée.

☞ On dit d’un homme, qu’il a un front d’airain, pour marquer une extrême impudence ; & qu’il a un cœur d’airain, des entrailles d’airain ; pour dire, qu’il est dur, insensible à la pitié.

☞ On dit figurément, que les injures s’écrivent sur l’airain, & les bienfaits sur le sable, pour faire entendre qu’on oublie aisément le bien, & qu’on se souvient long-temps du mal. 

☞ AIRAINES. Bourg de France, en Picardie, à six lieues d’Amiens & d’Abbeville, sur une petite rivière qui se jette dans la somme.

AIRE. s. f. Toute superficie plane sur laquelle on marche. Area. Il se dit plus particulièrement d’une place bien battue & préparée pour battre les grains, soit à la campagne, soit dans une grange. En plusieurs lieux on bat les blés en pleine campagne : d’où vient que les Italiens appellent solaio, & les Espagnols solar, ce que nous appelons aire, quasi sub sole. Il vaut mieux faire venir ce mot du latin area, qui signifie la même chose, & qui vient du verbe areo. Il est nécessaire que les aires soient seches pour y pouvoir travailler. 

☞ Il est souvent parlé d’aires dans l’Ecriture, L’aire d’Arenna, l’aire d’Athad, &c. C’étoient des lieux à la campagne, exposés à l’air, dans lesquels on battoit le grain ou par le moyen des animaux, ou avec des bâtons, ou sous les pieds des chevaux & des bœufs, qu’on faisoit courir en rond sur des gerbes dressées les unes auprès des autres, l’épi en haut. Pour faire ces aires, on mêloit de la lie d’huile avec de la terre grasse, & quand cette terre en étoit bien imbibée, on la battoit & on l’aplanissoit. Lorsqu’elle étoit seche, ni les rats ni les fourmis ne pouvoient la pénétrer, l’herbe n’y croissoit jamais, & l’eau ne faisoit que couler dessus. Quand le blé étoit battu, & mêlé avec la paille brisée & broyée, on attendoit le vent pour le vanner. On jetoit le tout avec des pelles en l’air, le grain retomboit dans l’aire, & la paille étoit emportée par le vent. Il y a encore des Provinces en France, où l’on pratique cet usage pour la manière de battre & de vanner le blé. 

Aire, en parlant d’un bâtiment, se dit de la capacité de son plancher, ou plutôt de l’espace compris entre les murs du bâtiment. Il faut tant de milliers de carreaux pour couvrir l’aire de cette chambre. On fait des aires de plâtre, ou de planches. 

On appelle aire de moilon, une petite fondation au rez-de-chaussée, sur laquelle on pose le carreau, ou les dales de pierre. Corium, testa. On appelle encore aire de chaux, & de ciment, un massif d’une certaine épaisseur qu’on fait sur les voûtes à l’air pour les conserver. 

Aire de recoupes, en termes de Jardinage, est une épaisseur d’environ 8 à 9 pouces de recoupes de pierres, pour affermir les allées des jardins. 

☞ L’Ordonnance des Eaux & Forêts veut que les bois soient coupés à tire & à aire, c’est-à-dire, qu’ils ne soient point choisis çà & là, mais coupés entre les lisières marquées, & qu’il s’y fasse un champ, ou une aire dans laquelle on ne laisse que les arbres de réserve.

☞ En Géométrie, on entend par l’aire d’une figure, l’espace renfermé entre les côtés qui la terminent. Superficies. L’aire d’un carré, d’un triangle, d’un cercle. On connoît l’aire d’un carré parfait en multipliant un de ses côtés par lui-même. Si un des côtés contient 10, son aire en contiendra 100. 

☞ On connoît l’aire d’un carré long, en multipliant sa longueur par sa hauteur. 

☞ On connoît l’aire d’un triangle en multipliant sa base par la moitié de sa hauteur. La hauteur d’un triangle se mesure par la ligne perpendiculaire tirée du sommet du triangle sur la base.

☞ On connoît enfin l’aire d’un cercle en multipliant sa circonférence par le quart de son diamètre. On sait que la circonférence d’un cercle est sensiblement triple de son diamètre. Ainsi connoissant le diamètre d’un cercle, il est très-aisé de connoître sensiblement la circonférence. 

Aire, en termes d’Astrologie, signifie le cercle, ou la couronne de lumière, qui paroît autour du soleil & des autres astres. Corona, area

Aire, en termes de Vannier ; c’est un endroit plein dans un ouvrage de faisserie, qui commence à la torche, & monte jusqu’à une certaine distance ; ce qui se fait en tournant un brin d’osier autour de chaque pé. 

En termes de Fauconnerie, aire signifie le nid, ou le rocher, ou le précipice que les faucons choisissent pour faire leurs petits fauconneaux. Nidus. De-là on dit, un faucon de bonne aire. C’est ordinairement sur un terrain plat & découvert. 

Aire, se dit aussi du nid des autours, quoiqu’ils airent sur des arbres, quasi aëreus, aut in arbore & nubibus situs

Aire de vent. Terme de Marine. C’est un des trente-deux vents, ou plutôt l’espace marqué dans la boussole pour un des trente-deux vents. Venti regio, trames. On l’appelle aussi rumb, parce que les figures qui marquent les vents sur la boussole, sont faites en losange. Au reste il faut dire aire, & non pas air

Aire, se dit aussi de la route que fait le vaisseau en suivant un de ces trente-deux points de vent qui divisent la circonférence de l’horizon. Navis trames, via.

☞ Avoir de l’aire, pour dire, avoir de la vîtesse. Prendre aire, entrer en mouvement, acquérir de la vîtesse. Amortir l’aire, faire perdre au vaisseau sa vîtesse. 

Aire. Terme de Médecine, qui ne se dit point qu’il ne soit précédé du mot petite. La petite aire du teton ; c’est le petit rond noirâtre qui est autour du mamelon. 

Aire. Aturum, Auturium, Atarensium, ou Atyrensium civitas, Vico-julium, Martianum. Ville épiscopale de Gascogne, sur l’Adour. La ville d’Aire est fort ancienne. Elle étoit autrefois le séjour des Rois Visigoths ; & l’on voit encore près de l’Adour les restes du palais d’Alaric. Voyez Du Chêne, Antiquités des villes de France, Atlas, Audifret, Maty, Corneille. 

Aire, en Flamand, Arien, Aria, Æria, Heria. Ville de l’Artois, sur la rivière de Lis. La ville d’Aire fut prise en 1641 par le Maréchal de la Meilleraye, après un des plus rudes siéges qu’on eut vû depuis long-temps ; & en 1676 par le Maréchal d’Humières après cinq jours de tranchée ouverte. Cette ville est, selon le P. de Rebéque, Jésuite, à 50°, 38’, 10″, de latitude septentrionale. Notre-Dame d’Aire est à 19°, 55′, 2″, de longitude, & 50°, 38′, 21″ de latitude.

AIRÉE. s. f. Terme usité à la campagne, pour signifier la quantité de gerbes qu’on met à la fois dans l’aire, ou le nombre des gens qu’on y emploie. C’est de-là, à ce qu’on prétend, qu’en Anjou, dans le Poitou, & dans le diocèse de Nantes, la plûpart des noms des maisons de campagne finissent en iere. Dict. des Arts, 1731.

AIRELLE, ou Cousine. s. f. Mirtille. s. m. Vitis, Idea,