Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, I.djvu/345

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premiers siècles de l’Eglise. Cela paroît évidemment par l’Auteur des Questions attribuées à S. Justin, p. 56. par Origène, Liv. V. sur le ch. 6 de l’Epître aux Romains, qui dit, que c’est là une tradition apostolique ; par un Concile d’Afrique, où S. Cyprien rapporte, Epist. ad Fidum, qu’il fut décidé d’un consentement unanime de tous les Evêques, sans en excepter un seul, qu’il falloit baptiser les enfans immédiatement après leur naissance, & ne point attendre ; par le Concile de Milève, Can. 2. le Concile d’Autun, Can. 18. le second Concile de Mâcon, Can. 3, le Concile de Girone sous Hormisdas ; le Concile de Londres en 1237, Can. 3 ; le Concile de Vienne sous Clément V, le Concile de Trente, Sess. VII, Can. 12 & 13, Sess. V, Can. 4, par les Papes Siricius, Ep. ad Himer. Innocent I, dans son épître au Concile de Milève ; Clément V, de summâ Trinit. & fide Cath. Innocent III, Extra C. Majores de bapt. par S. Irénée Liv. II, ch. 39. S. Cyprien dans la lettre que j’ai citée ; l’Auteur du Livre de la Hiérarchie Ecclés. attribué à S. Denys, au dernier ch. S. Augustin Ep. 20 à S. Jérôme, où il dit que ce ne fut point un nouveau décret que celui de S. Cyprien, qu’il ne fit que conserver la foi de l’Eglise ; le même Saint, dans le Sermon 10 De verb. Dom. Liv. III. De peccator. mer. ch. I, 26. Liv. IV. De Bapt. ch. 23. S. Amb. Liv. De Mystico Pasch. ch. 5. S. Jérôme Dial. 3, contre les Pelag. l’Auteur du Liv. de la Vocat. des Gent. ch. 6. S. Grégoire Liv. I, Ep. 17, &c. De plus, les Catholiques tirent encore de l’Ecriture même des argumens très-forts contre les Anabaptistes ; car en premier lieu il est certain que les enfans sont capables du Royaume des Cieux, & qu’ils peuvent être sauvés : Jésus-Christ l’assure en S. Marc X, 14, & en S. Luc XVIII, 16. Il les fait approcher, les bénit. Cependant Jésus-Christ dit en S. Jean III, 5, qu’on ne peut entrer dans le Royaume de Dieu, qu’on ne soit baptisé. Il faut donc que les enfans qui peuvent y entrer, puissent être baptisés. Les Anabaptistes répondent, que ceux dont Jésus-Christ parle étoient déjà grands, puisqu’ils pouvoient venir à lui ; qu’ainsi ils étoient capables de faire un acte de foi. Mais cela est manifestement contraire à l’Ecriture, qui en S. Matthieu, & en S. Marc, les appelle παιδία, & en S. Luc βρέφη, de petits enfans. Et le même S. Luc dit, qu’on les apportoit à Jésus-Christ ; preuve qu’ils ne pouvoient encore marcher, & qu’ils n’étoient point aussi grands que les Anabaptistes le disent. En second lieu, le vénérable Pierre, Liv. I, Ep. 2, disputant contre les Pétrobusiens, tire un argument contre eux des paroles que S. Paul dans le ch. V de l’Ep. aux Rom. où il dit, que si par le péché d’un seul homme la mort a regné dans le monde ; à plus forte raison ceux qui recevront l’abondance de la grâce & du don de la justice, regneront dans la vie par le moyen d’un seul. Car, dit ce Docteur, parce que tous sont coupables par un seul, nous concluons, que les enfans sont coupables. Donc, parce que tous sont justifiés par un seul, nous devons conclure aussi que les enfans sont justifiés ; ce qui ne se peut faire sans le Baptême. Tout cela étant clair, il s’ensuit que les enfans peuvent avoir la foi requise pour recevoir le Baptême. Or cette foi ne peut être que, ou une foi actuelle, qui précède le Baptême, comme une disposition nécessaire à le recevoir ; ou une foi habituelle, qui suit le Baptême, & qui est un des effets qu’il produit. Les enfans ont suffisamment l’une & l’autre avant que de recevoir le Baptême : ils ont la foi actuelle, non par eux-mêmes, comme le dit faussement Luther, car ils ne sont pas capables de produire aucun acte, mais par d’autres, c’est-à-dire, leurs parrains & marraines, qui répondent pour eux. Et il n’y a rien dans cette disposition de Dieu, non-seulement que de très-miséricordieux, mais que de très-juste & de très-raisonnable ; car il est juste, que puisqu’ils n’ont péché que par la volonté d’autrui, ils puissent aussi être justifiés par la volonté d’autrui. 2°. Ils ont la foi habituelle ; car le Baptême produit en eux les habitudes de la foi, de l’espérance & de la charité. Ainsi ils croient comme ils ont péché : le défaut de foi ne peut donc les empêcher d’être baptisés ; & c’est en vain qu’on nous oppose le vers. 16 du ch. XVI de S. Marc. Voyez Bellarm. Liv. I. de Bapt. 8, 9, 10, &c.

Les Anabaptistes ont adopté plusieurs autres dogmes qui leur sont particuliers. Ils ont quelque chose de commun avec les anciens Gnostiques. Ils ne croient pas que Jésus-Christ ait tiré sa substance de la sainte Vierge ; & ils se fondent sur ces paroles du ch. I de S. Matth. vers. 20. Ce qui est conçu en elle vient du S. Esprit. Comme si la chair de Jésus-Christ étoit spirituelle, & de même essence que la substance de Dieu. Ils ont là-dessus, & sur plusieurs autres choses, une philosophie particulière, selon laquelle ils expliquent aussi le mystère de l’Incarnation. Ils font paroître au-dehors une grande modestie dans toutes leurs actions & dans leurs habits. Ils sont persuadés que dès cette vie on peut acquérir une pureté parfaite, & exempte de tout péché. On remarquera enfin, que Sixte de Sienne, qui réfute souvent les Anabaptistes dans sa Bibliothèque sainte, leur attribue plusieurs erreurs où ils ne sont point présentement.

Les Anabaptistes s’étant beaucoup multipliés, se diviserent en plusieurs sectes, à qui l’on donna les noms, ou de leurs Chefs, ou des erreurs particulières qu’ils ajouterent aux erreurs communes des Anabaptistes. Les principales de ces sectes sont les Muncériens, les Séparatistes, les Cantaristes, les Apostoliques, les Enthousiastes, les Silentes, ou Silentieux, les Adamites, les Géorgiens, les Libres ou indépendans, les Hutites, les Melchioristes, les Mennonites, les Bulchodiens, les Augustiniens, les Servétiens, les Denchiens, les Monastériens, les Libertins, les Déorélitiens, les Semperorantes, c’est-à-dire, prians toujours, les Polygamites, les Ambrosiens, les Clanculaires, les Manifestaires, les Baculaires, les Pacificateurs, les Pastoricides, les Sanguinaires, les Démoniaques, &c. Jovet. Il y a cependant de ces noms, qui sont plutôt de différentes épithètes données aux mêmes Hérétiques, que des noms de différentes sectes. Ceux de Moravie furent appellés Apostoliques, ou Nudipédales, c’est-à-dire, Pieds nus, Mennonites en Hollande & en d’autres endroits du Nord. Ils conservent le nom d’Anabaptistes en Angleterre. Hornbeck, dans sa Somme de Controverse, définit un Anabaptiste, un Socinien ignorant ; & un Socinien, un Anabaptiste plus instruit. Arnoldus Mezorius nous a donné une Histoire fort exacte des Anabaptistes en sept Livres. Historiæ Anabaptisticæ libri septem. Coloniæ, 1617.

ANABASIEN. s. m. Anabasius. Les Anabasiens étoient chez les Anciens, des courriers a cheval, ou en chariot. Saint Jérôme en parle sans son III Livre, contre Ruffin, ch. i. Voyez encore le Glossaire de Du Cange. Ce mot vient d’ἀναβάσις, adcensus, monté ; ainsi Anabasien est un courrier qui est monté, qui n’est pas à pied.

☞ ANABASSES. Voyez Annabasses

☞ ANABIBAZON. s. m. Nom qu’on donne en Astronomie à la queue du dragon, ou nœud méridional de la lune.

ANABLE. adj. m. & f. Habile, capable. C’est un vieux mot qui se trouve souvent dans les vieilles Chartes. Aptus, idoneus. On lit dans un ancien titre de l’an 1361. Le Roi Philippe de Valois est bien personne anable à donner bénéfices.

ANABROCHISME. s. m. Opération que l’on fait sur le poil des paupières qui offensent les yeux. Elle consiste à engager les poils qui sont de trop dans une espèce de nœud, au moyen d’une aiguille enfilée avec du fil fin en double, ou avec un cheveu, après avoir passé l’aiguille à travers la partie externe des paupières, près du poil. Celse fait mention de cette opération. Liv. VII, c. 7. De βρόχος, nœud coulant.

ANABROSIS. s. f. Terme de Médecine. Ce mot est grec. On entend par anabrosis la sortie du sang par l’ouverture de la veine corrodée. Anabrosis. On dit en grec ἀνάβρωσις, qui veut dire, erosio.

ANACALIFE. s. m. Insecte venimeux de l’île de Madagascar. Ses piqûres sont mortelles.

ANACALYPTERIE. s. f. Fête du Paganisme. Elle se