Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, I.djvu/880

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menée à Bénévent, l’an de Rome 485, Paterc. L. I. Elle fut ensuite renouvelée par Auguste, & encore depuis par Néron, & appelée Concorde, & son territoire fut assigné aux Vétérans, avec celui de Claudium. Frontin. Une ancienne inscription porte IMP. CÆSARI AUGUSTO ET COLONIAI BENEVENTANAI. Voyez Pline, Liv. III. c. ii. Strabon, Etienne de Byzance, & Vigenère cité.

Quelques-uns disent que c’étoit une ville des Samnites, & d’autres des Hirpiniens. Solin veut que Bénévent ait été bâti par Diomède ; & Pline que ce fut par les Hirpiniens ; d’autres par les Sabelliens, & qu’il fut seulement réparé par Diomène. Voyez sur cette Ville le P. Cantel, Hist. des Métrop. pag. 409. Il y a une Chronologie des Evêques & Archevêques, & du Chapitre de Bénévent, par Mario de Vipera, en latin, à Naples 1656, in-4°.

☞ BÉNÉVENT. (Duché de) Beneventanus ducatus. Etat souverain en Italie, du temps des Lombards qui le formèrent. Il renfermoit la Campanie, le Samnius, L’Apouille, la Lucanie & une bonne partie du pays des Bruliens. Il fut éteint en 851

Bénévent, ou Bènavente. Petite ville d’Espagne, au royaume de Léon, dans la province de Campos, sur la rivière d’Ezla.

Bénévent, ou Bénévente, ville de l’Estramadure, de Portugal sur le Tage, vis-à-vis d’Alanguer.

BÉNEVENTAIN, AINE, ou BÉNÉVENTIN, INE. s. m. & f. Qui est de la ville ou du duché de Bénévent. Beneventanus. Pierre Bénéventain, ou de Bénévent, Secrétaire ou Notaire d’Innocent III. est un Collecteur des Decrétales. Les deux Orbilius excellens Grammairiens, & Odofredus Denarius, Professeur du Droit à Boulogne vers l’an 1200, étoient Bénéventins.

BÉNÉVISER. v. a. Vieux terme de Coutume. Il signifie Fixer, abonner, & dans le Lyonnois une dixme bénévisée, un service bénévisé, ne sont autre chose qu’une dixme & un service abournés, ou abonnés. Clientelaria jura certo pretio vendere, ou mancipare. On dit aussi abénéviser dans le même sens. De Laurière.

☞ BÉNÉVOLE. s. m. En droit ecclésiastique, est un acte par lequel un Supérieur accorde une place monacale dans sa maison à un Religieux d’un autre ordre qui est dans le dessein de s’y faire transférer. Il doit avoir ce bénévol, pour être en état d’obtenir le bref de translation, de peur qu’il ne se trouve sans cloître & sans demeure fixe.

BÉNÉVOLE. adj. de t. g. Bienveillant, favorablement disposé. Il ne se dit qu’en badinant dans ces phrases. Lecteur bénévole, Auditeur bénévole, Spectateur bénévole. Que je suis heureux, dit le Poëte Nugnez, d’avoir été sifflé à double carillon ! Si le Public plus bénévole m’eût honoré de ses applaudissemens, à quoi cela m’auroit-il mené ? à rien. Je n’aurois tiré de mon travail, qu’une somme allez modique, au lieu que les sifflets m’ont mis tout d’un coup à mon aise pour le reste de mes jours. Le Sage.

Quoi qu’ordonne le fort
Au châtel enchanté vers six heures je vole,
Et vous m’aurez vif ou mort
Pour spectateur bénévole. L’Ab. de Chaulieu.

Voyez Malevole.

BÉNEURETÉ. s. f. Vieux mot. Bonheur. On a dit aussi Béneuré & Béneurté, pour Bienheureux.

BÉNÉZET. s. m. Nom d’homme. Benedictus. S. Bénézet étoit un simple Pasteur, qui fut envoyé de Dieu pour bâtir un pont sur le Rhône, à Avignon, & fut fondateur des Religieux Pontifs, ou faiseurs de pont. Il commença ce pont en 1176, & fut 12 ans à le bâtir. Il y a eu 18 arches. Il est aujourd’hui presque tout à bas. Sa vie a été écrite par Magne Agricole, & imprimée à Aix en 1708. Voyez encore Bouche, Hist. de Prov. T. II. p. 162. Ce nom s’est formé de Benedictus. On a fait d’abord Bénédet : les Italiens & nos Provinces voisines d’Italie disent Benedetto, puis on a changé le d en z, ce qui est fort ordinaire, sur-tout dans les Provinces d’où étoit S. Bénézet, où il est plus connu, d’où nous vient ce nom. C’est ainsi que de Baudelius on a fait en Languedoc Bauzile, en Auvergne, Bauzire, en Rouergue Bauzely, de Benitti, Benizzi, & de Quinidius, Quiniz, &c. M. Baillet prétend néanmoins que Bénézet est un diminutif, comme qui auroit dit Petit Benoît, à cause de son âge & de sa taille. Quoi qu’il en soit, puisque l’usage l’a voulu, il faut dire Bénézet, & non pas Bénédict, ni Bénédet, comme M. Baillet a fait d’abord. Bénédict n’est pas françois, & Bénédet est appliqué par l’usage à un autre Saint.

BENFELD. Ville de France, en Alsace, Benefeldia, sur la rivière de l’Ill, à trois lieues de Strasbourg.

BENGALE. La ville de Bengale, Bengala, est dans l’Inde, sur la rivière de Colmin, selon quelques Géographes, ou sur celle de Caor, selon d’autres, vis-à-vis de Chatigan. La plupart des Géographes modernes prétendent que Bengale n’est autre chose que Chatigan, à laquelle on a mal à-propos donné le nom du Royaume dans lequel elle est ; mais les cartes marines des Hollandois, qui fréquentent beaucoup ces pays-là, distinguent Chatigan & Bengale. Maty. Bengale est à 122° 46′ 18″, de longitude, & à 21° 56′ 0″ de latitude nord.

Le Royaume de Bengale, Bengalæ regnum, est un grand pays d’Asie, qui a eu autrefois les Rois particuliers, mais qui dépend aujourd’hui du Mogol. Le Gange le coupe presque par le milieu. Le Golfe de Bengale, en latin, Bengalæ sinus, sinus Gangeticus : c’est la partie de l’Océan Indien, qui est entre les deux presqu’îles de l’Inde, & s’étend jusqu’aux Îles de Sumatra & de Céilan au midi. Maty.

☞ BENGALI. s. m. Plante du Brésil dont les feuilles ont la couleur & l’odeur des feuilles de choux : le fruit est gros comme une pomme, d’un goût agréable, mais dangereux, parce qu’il est trop froid.

BENGE, ou BENGHE. Voyez Bangue.

BENGI-EIRI. s. m. Espèce de ricin Indien toujours vert, qui croît dans le Malabar. Ses feuilles réduites en poudre, & répandues sur les ulcères, emportent les chairs fongueuses & luxuriantes. Dict. de James.

☞ BENGUELA, ou BENGUELE. Royaume dans la partie occidentale de l’Afrique, avec une capitale de même nom, sur l’Océan ou mer de Congo, avec un bon port. Les Hollandois en sont maîtres.

☞ BENI-ABDALA, Ville d’Afrique, dans la province d’Alger, ainsi nommée d’un peuple qui s’y est habitué, & se nommoit autrefois Silsi.

BENJAMIN. s. m. Nom d’homme. Benjaminus. Le premier qui a porté ce nom, est Benjamin fils de Jacob, & de Rachel. Sa mère l’avoit appelé Bénoni, mais son père lui donna le nom de Benjamin. Ce mot, suivant l’étymologie, veut dire, enfant de la droite ; c’est-à dire, enfant très-cher. D’autres veulent qu’il signifie enfant du Midi, parce que Benjamin naquit dans un pays qui est plus au Midi, que celui où ses frères étoient nés. D’autres enfin prétendent que ce mot veut dire enfans des jours ; c’est-à-dire, enfant né durant la vieillesse de son père, ou lorsque son père étoit déjà avancé en âge. Ceux qui sont pour cette dernière étymologie, avouent qu’elle n’est point hébraïque, mais chaldaïque ; & ils disent que Jacob, qui avoit parlé long-temps la langue chaldaïque en Mésopotamie, donna à son fils Benjamin un nom en cette langue. La peine que Jacob eut à souffrir que Benjamin s’éloignât de lui, & qu’il allât en Egypte avec ses frères, marque que ce Patriarche aimoit plus Benjamin que ses autres enfans. C’est par allusion à cet amour particulier qu’il lui portoit, que nous appelons Benjamin un fils que son père ou sa mère aiment plus que leurs autres enfans. Celui-là est le Benjamin du père, & celui-ci le Benjamin de la mère. Philippe-Auguste fut bien aise de donner à Henri II Roi d’Angleterre, la mortification de voir à la tête des Conjurés son fils Jean, dont il faisoit son Benjamin. Larrey.

Benjamin. Nom d’une des douze Tribus d’Israël composée des descendans de Benjamin, le dernier des enfans de Jacob. Benjamini Tribus, ou Benjamina, Benjaminitica Tribus. La Tribu de Benjamin étoit entre