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point l’élévation d’un sujet à une dignité importante. Il seroit ridicule de dire l’acclamation du Pape, de l’Empereur, &c. se fit tel jour. Le mot d’acclamation signifie seulement la manière de donner son suffrage, usitée autrefois dans quelques occasions, & les applaudissemens qui accompagnoient l’élection du sujet. Plusieurs Empereurs ont été élus par acclamation.

On dit, élire par acclamation, quand les voix se réunissent tout d’un coup pour l’élection d’un Sujet. Acad. Fr. Un avis, une loi passent par acclamation, quand l’avis ou la loi sont reçus & approuvés dès qu’ils sont proposés.

ACCLAMPER. v. a. Terme de Marine. C’est fortifier un mât par des clamps, qui sont des pièces de bois qu’on y lie, qu’on y attache pour opposer plus de résistance au vent.

☞ ACCLAMPÉ, ÉE. part. Un mât acclampé, auquel on a attaché des pièces de bois par les côtés, pour le fortifier.

ACCOIL, ou ACCUEL. s. m. Vieux mot qui signifioit accueil.

ACCOILLIR. Vieux v. a. Accueillir quelqu’un.

ACCOINTABLE. adj. Vieux mot. Gracieux, accostable.

A lui se tint ung Jouvencel
Accointable, très-gent & bel.

Gloss. du Roman de la Rose.Ësc

ACCOINTANCE. s. f. Vieux mot. Habitude, commerce, ou familiarité qu’on a avec une personne. Commercium, consuetudo. Il ne faut avoir aucune accointance avec des gens de mauvaise vie.

Le bel esprit au siècle de Marot,
Des grands Seigneurs vous donnoit l’accointance.

Des Houl.

Ce mot désigne souvent un commerce illicite entre des personnes de différent sexe, principalement au Palais.

ACCOINTER. v. a. Vieux mot, & hors d’usage, qui signifioit, hanter quelqu’un, faire société avec lui. Habere commercium, inire consuetudinem. On le dit aussi avec le pronom personnel. Il s’est accointé de cette fille, pour dire, il la voit un peu trop familièrement.

ACCOISEMENT. s. m. Calme. Terme de Médecine. Il n’est d’usage que dans cette phrase, l’Accoisement des humeurs, & signifie alors la cessation d’un mouvement excessif, excité en elles par quelque cause que ce soit.

ACCOISER, v. a. Vieux mot, qui signifioit, calmer, apaiser, rendre coi. Placare, mulcere. La tempête après avoir duré six heures, s’accoisa un peu. La sédition fut accoisée par l’adresse d’un tel Magistrat. Ce terme est usité en Médecine, où l’on dit accoiser les humeurs. On le dit aussi avec le pronom personnel. Les humeurs s’accoisent.

ACCOISÉ, ÉE. part.

ACCOLADE. s. f. Embrassement, caresse qu’on fait en sautant au cou de quelqu’un en l’embrassant. Amplexus, complexus. Les amis qui ont été long-temps sans se voir, se font mille embrassades & accolades.

Accolade. Terme d’ancienne Chevalerie. Cérémonie qui se pratiquoit anciennement en conférant un ordre de Chevalerie, dans le temps où les Chevaliers étoient reçus en cette qualité par les Princes Chrétiens. Elle consistoit en ce que le Prince armant le nouveau Chevalier, l’embrassoit en signe d’amitié, & lui donnoit sur l’épaule trois petits coups du plat d’une épée. Grégoire de Tours rapporte que les Rois de la première race donnoient le baudrier & la ceinture dorée aux Chevaliers, & les baisoient à la joue gauche. Le Chevalier qui recevoit l’accolade, étoit nommé Chevalier d’armes, miles, parce qu’il entroit par-là en possession de faire la guerre, dont l’épée, le heaume, &c. étoient les symboles. On y ajoutoit le collier, comme la marque la plus brillante de la Chevalerie. Ceux qui avoient été ainsi reçus Chevaliers, avoient seuls le droit de porter l’épée & de chausser des éperons dorés. C’est pourquoi on les nommoit équites aurati, au lieu que les Ecuyers ne pouvoient porter que des éperons argentés. Donner, recevoir l’accolade.

Accolade, dans un compte, c’est un trait de plume qui joint plusieurs articles pour n’en faire qu’un.

Accolade, en Musique, trait tiré à la marge de haut en bas, par lequel on joint ensemble dans une partition les portées de toutes les différentes parties.

Accolade, se dit aussi de deux lapreaux qu’on sert, qu’on présente joints ensemble.

On dit en plaisantant : Donner l’accolade à une bouteille, à un flacon.

☞ ACCOLAGE. s. m. mieux qu’ACCOLLAGE, Terme de Vigneron. Travail qui consiste à attacher les sarmens aux échalas.

ACCOLER. v. a. Embrasser quelqu’un en lui mettant les bras sur le cou pour le baiser, le caresser. Amplecti, complecti. Ce mot est composé de col, & vient de ad, & de collum. Il se dit le plus souvent en riant. Ces deux amis s’accolent toutes les fois qu’ils se rencontrent.

Accoler, Embrasser le cou.

Psycharpax sur son dos légérement s’élance,
l’accole, & de ses bras le serre étroitement.

Accoler la cuisse, accoler la botte à quelqu’un, lui embrasser la botte ou la cuisse : ce qui est une marque de soumission & d’infériorité.

Accoler, en termes de Pratique, signifie faire un trait de plume en marge d’un compte, d’un mémoire, d’une déclaration de dépens, qui marque qu’il faut comprendre plusieurs articles sous un même jugement, & les comprendre dans une même supputation pour n’en faire qu’un seul. Multa in unum redigere.

On dit en Charpenterie, Accoler une pièce de bois, pour la guinder. Accoler deux ou plusieurs pièces de charpente, les unir ensemble, sans aucun assemblage, pour les fortifier les unes par les autres, & leur donner la force nécessaire pour le service qu’on en veut.

Accoler. Terme de Jardinage & d’Agriculture, attacher quelque chose avec de la paille, de l’osier, ou du jonc à quelque corps solide. Il faut accoler les branches des plantes sarmenteuses, parce qu’elles sont trop foibles pour se soutenir d’elles-mêmes. On accole la vigne, ou les branches d’arbres à un échalas, ou sur un treillage, afin que, par ce travail, donnant plus d’air aux fruits & aux raisins, ils puissent parvenir à une maturité parfaite.

Accoler, signifie en termes de cuisine, joindre deux lapreaux ensemble pour en servir une accolade. Componere.

ACCOLÉ, ÉE. part & adj. En termes de Blason, se prend en quatre sens différens. On le dit des animaux qui ont des colliers ou des couronnes passées au cou. Torquatus. Ainsi on dit, un lion de sable armé, lampassé, & accolé d’or. On s’en sert aussi en blasonnant les armes de Navarre, qui sont de gueules aux rais d’escarboucle accolés & pommetés d’or.

Accolé, se dit aussi des choses entortillées à d’autres, comme d’un serpent à un arbre, ou à une colonne, ou de toute autre chose qui est entourée de lierre ; d’un sep de vigne à un échalas ; d’une givre, Alligatus.

Accolé, se dit encore de deux écus qui sont joints ensemble, & attachés par les côtés. Scutum scuto annexum, adjunctum. Ainsi les écus de France & de Pologne étoient accolés sous une même Couronne du temps de Henri III, ceux de France & de Navarre depuis Henri IV. Les écus de Léon X & de François I. sont en tête du Concordat en deux Ecussons accolés : ils le sont pareillement dans le sceau dont il est scellé. Les femmes accolent aussi leurs écus à ceux de leurs maris.

On dit aussi que des fusées, des losanges & des macles sont accolées, quand elles se touchent de leurs flancs, ou de leurs pointes sans remplir tout l’écu. On se sert aussi de ces termes pour les clefs, bâtons, masses, épées, bannières, & autres choses semblables qu’on passe en sautoir derrière l’écu.