Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, II.djvu/614

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dans le conduit de l’oreille par le moyen de petits grains glanduleux appelés glandes cérumineuses.

Cire d’Espagne, cire à acheter, cera signatoria. Composition faite de laque, de colophane, de cinnabre & autres matières, à laquelle on donne différentes couleurs, & dont on se sert pour cacheter les lettres.

CIRÉNAIQUE, CIRENE, CIRÉNÉEN. Voyez Cyrébaique, Cyrene, Cyrénéen.

☞ CIRENZA. Voyez Cerenza.

CIRER. c. a. Enduire de cire. Cerare, incerare, cerâ circumlinere. Les Cordonniers cirent les bottes, les souliers, pour empêcher qu’ils ne prennent l’eau. On cire la toile, des gans, des planches.

Cirer se dit aussi des étoffes qu’on a taillées, auxquelles on applique de la cire avec une bougie, pour empêcher qu’elles ne s’effilent en attendant qu’on les couse. On dit mieux bougier.

CIRÉ, ÉE. part. Cerâ illitus, ceratus. Toile cirée. Gans cirés.

CIRIER. s. m. Marchand Epicier qui s’attache particulièrement au commerce de la cire, à faire des cierges & des bougies. Operum e cerâ fictor, artifex. Il y a des Offices de Ciriers à la Chancellerie. Charles IX les supprima par son Edit du mois de Février 1561, mais apparemment il n’eut pas d’effet ; car Louis XIII les supprime encore par un Arrêt du Conseil d’Etat du douzième Décembre 1632. Cependant ils subsistèrent encore ; & à leur requête aussi bien qu’à celles de tous ces petits Officiers de la Chancellerie, Louis le grand, de glorieuse mémoire, fit une déclaration portant confirmation des privilèges de tous ces petits Officiers, parmi lesquels les Ciriers sont nommés. Il en est encore fait mention dans des Actes de 1689 & de 1697.

☞ CIRIER, s. m. ou arbre de cire. C’est le nom qu’on a donné à deux arbrisseaux aquatiques de la Caroline & de la Louisiane, parce qu’on retire de leurs baies une espèce de cire. Ces arbrisseaux ont le port de nos Myrthes, & leurs feuilles en ont à peu près l’odeur. Les fruits sont des baies dont le noyau est couvert d’une espèce de résine qui a quelque rapport avec la cire. On fait bouillir ces baies dans l’eau, & l’on en sépare cette cire dont on fait des bougies.

CIRIMANAGE ou CIRMANAGE, s. m. terme de Coutumes. C’est un cens qui est dû aux Seigneurs en quelques endroits par chaque habitation. M. de Lauriere sur Ragueau prétend qu’il faut écrire Sirimenage, comme a fait M. de Marca sans son Histoire de Béarn.

CIROENE, quelques-uns écrivent CIROINE, s. m. terme de Chirurgie. C’est une composition plus solide & plus dure que les onguens, & plus molle que les emplâtres, quoiqu’on les prennent souvent l’un pour l’autre. Les linimens & les onguens ne diffèrent point des ciroenes, quand ils reçoivent la cire en leur composition. Les ciroenes sont les vicaires de la friction, quand on veut provoquer la salivation. Ils sont composés de drogues résolutives, comme safran, myrrhe & aloès, incorporés avec de la cire, & des gommes telles que galbanum, sagapenum, ammoniac, le tout détrempé avec du vin, & c’est pour cela que Nicod croit que ciroene, ou ciroine, ainsi que quelques-uns écrivent, vient du mot Grec ϰηρὸς(kêros), qui signifie cire, & de οἶνος(oinos), qui signifie vin. On pourroit aussi le faire venir de ϰηράννυμι(kêrannumi), qui signifie je mêle, & de οἶνος(oinos), à cause que les drogues, qui entrent dans cette sorte d’emplâtre, se détrempent avec du vin.

CIROGRAPHE. s. m. Cirographum. Ce mot Cirographum étoit destiné autrefois aux transactions. On l’écrivoit en grosses lettres au milieu d’une feuille de vélin, & l’on faisoit de part & d’autre une copie de la transaction, ensuite de quoi on coupoit le Cirographum par le milieu, & chacune des deux parties gardoit par devers soi une moitié de cette feuille ainsi coupée, afin de vérifier la transaction, quand il en seroit besoin, en représentant & rejoignant ce Cirographe coupé en deux. Au lieu de ce mot on en mettoit quelquefois un autre, ou même une phrase toute entiere ; & il y en a des exemples à Marmoutier. Les Anglois coupoient ordinairement leurs Cirographes en scie ; au lieu qu’en France, & en Bretagne, on les coupoit en ligne droite. Lobineau, Hist. de Bret. T. II, p. 337.

Ce mot vient de ϰηρὸς(kêros), cire, & γράφω(graphô), J’écris, & il signifie écriture en cire, parce qu’anciennement on écrivoit sur des tablettes enduites de cire.

☞ CIRON. s. m. Très-petit insecte, ordinairement imperceptible, qui s’engendre ou s’insinue entre cuir & chair, entre la peau & l’épiderme de l’homme, cause des démangeaisons, & fait venir des ampoules. Il y en a de différentes espèces qui s’attachent à différens animaux. Minutissimus vermiculus hominum cuti innascens pruritumque ingerans, acarus. Swammerdam dit que le ciron sort tout parfait de son œuf, & qu’il croit ensuite peu-à-peu. Le microscope nous a fait découvrir plusieurs parties dans le ciron. M. Gaffendi en observant un ciron, l’a vu émutir. Il est blanchâtre, aux piés près, qui paroissent noirâtres. Il en a six, dont quatre, c’est-à-dire, deux de chaque côté sont tout proche de la tête, & lui servent à faire comme les taupes dans la terre, de grands sillons sous la peau, ce qui cause une démangeaison très-incommode. Rohault, Phys. P. II, c. 21, prétend que le dos du ciron est couvert d’écailles. Les Auteurs du Journal de Leipsik n’osent l’assûrer, & disent qu’il faut que Rohault eût un meilleur microscope qu’eux. Ils disent qu’il naît ordinairement, non-seulement aux mains, mais encore aux pieds. Parmi les figures qu’ils en ont fait graver, il y en a une qui a huit piés au lieu de deix. Il y a dans les Journaux de Leipsik, 1682, p. 317, une observation sur les cirons. Mousset en parle fort au long, Theatr. Insect. L. II, c. 24.

Quelques-uns font venir le mot de ciron du mot grec χέιρ(cheir), qui signifie main, à cause que ce petit animal s’attache plus aux mains qu’aux autres parties du corps.

On dit qu’un chose extrêmement petite, qu’elle n’est pas plus grosse qu’un ciron.

Ciron signifie aussi la petite ampoule qui vient à l’occasion du ciron, à force de gratter la peau. Tumor exiguus. On perce les cirons avec une épingle.

CIRQUE. s. m. Grand bâtiment de figure ronde, ou ovale, qu’on faisoit chez les anciens pour donner des spectacles au peuple. Circus. C’étoit à Rome une grande place, longue & cintrée par un bout, entourée de portiques, & de plusieurs rangs de sièges par degrés. Il y avoit au milieu une espèce de banquette avec des obélisques, des statues, & des bornes à chaque bout. On célébroit dans le cirque différens jeux. Il y avoit jusqu’à dix Cirques à Rome, sans compter quelques-uns qui étoient moins considérables. Le plus grand fut fait par le vieux Tarquin. Il s’étendoit entre le mont Aventin & le Palatin. Pline dit qu’il fut tellement acrû par Jules César, qu’il avoit trois stades de long & une de larde. Les plus magnifiques étoient le grand Cirque d’Auguste, & celui de Néron à Rome. Voyez la Roma vetus du P. Alex. Donat Jésuite, édit. d’Amsterd. 1695. Il y a encore des vestiges des Cirques, tant à Rome qu’à Nîmes, & autres lieux. Les Romains étoient fort passionnés pour les jeux du Cirque, témoin ce vers de Juvénal :

...Atque duas tantùm res anxiut optat,
Panem & Circenses.

Quelques-uns veulent que ce nom vienne de Circé, à qui Tertullien en attribue l’invention. Cassiodore dit que circus vient a circuiti. Les Romains au commencement n’eurent point d’autre Cirque pour leurs courses, que le bord du Tibre