Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, III.djvu/801

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ces pour une victoire gagnée ; & 2º. Une pièce de vers, un poëme sur le même sujet. Scaliger en traite dans sa Poëtique, L. I. C. 44.

ÉPINICION. s. m. Terme d’Histoire Ecclésiastique & de Liturgie. Il signifie l’Hymne Sanctus, Sanctus, Sanctus Dominus Deus Sahaoth, par où finit la Préface de la Messe, tant chez les Grecs que chez les Latins.

ÉPINIERE. adj. f. Terme d’Anatomie, ce qui appartient à l’épine du dos. Artères épinières, moelle épinière. C’est la moelle de l’épine du dos, qui est dans l’épine du dos. Medulla spinæ dorsi. L’Histoire de l’Académie des Sciences de 1714. marque qu’on y avoit vu un fétus sans cervelle, ni cervellet, ni moelle épinière, quoique très-bien conformé d’ailleurs. Il étoit venu à terme, avoit vécu deux heures & donné quelque signe de sentiment, quand on lui versa l’eau du baptême sur la tête. Ce n’est pas la première fois que l’on a vu ce fait, dont on tire une terrible objection contre les esprits animaux, qui doivent s’engendrer dans le cerveau, ou tout au moins dans la moelle de l’épine, & que l’on croit communément si nécessaires à toute l’économie de l’animal.

Les Médecins appellent aussi moelle épinière, medulla spinaria, celle qui est renfermée dans les vertèbres du dos.

ÉPINIERS. s. m. pl. Terme de chasse. Ce sont des bois d’épines où les bêtes noires se retirent. Sentes. On le dit aussi des lieux faits exprès pour garantir les lapreaux des oiseaux de proie.

ÉPINOCHE. s. f. Petit poisson qui a sur le dos des épines ou aiguillons dont il se défend. En Latin aculeatus piscis. C’est un poisson d’eau douce très-petit. Il dresse & abaisse à son gré ses piquans.

Les épinards en vieux François s’appeloient épinoches.

Épinoche. s. m. C’est aussi le nom que l’on donne chez les Marchands Epiciers & Droguistes, au café de la meilleure qualité.

ÉPINOI. Bourg de la Flandre Wallonne, entre Douay & Lille, avec titre de Principauté. Spinetum.

ÉPINYCTIDE. s. f. Epinyctis, idis. D’ἐπί, sur, vers, & νύξ, nuit. C’est, dit Celse, le nom que l’on donne à des pustules livides, noirâtres, rouges ou blanchâtres, accompagnées d’inflammation & de douleur, qui se changent en un ulcère muqueux, qui rend une grande quantité de sanie. Elles se forment sur les extrémités supérieures, & paroissent ordinairement la nuit, ce qui leur a fait donner le nom d’épinyctides. Dict. de James. M. Col de Villars écrit épinyctiques. Il faut mieux dire épinyctide, ἐπινύκτις.

EPIONE. s. f. Femme d’Esculape.

EPIPHANE. s. m. Nom d’homme. Epiphanius. Saint Epiphane, Evêque de Salamine, ou de Constance, a écrit un excellent ouvrage des Hérésies. Le P. Pétau a donné une belle édition de S. Epiphane.

ÉPIPHANÈS. s. m. Nom d’homme, que nous prononçons comme en Grec & en Latin. Epiphanès. C’est un titre, & une épithète que l’on a donné à quelques Princes Grecs, successeurs d’Alexandre dans l’Orient. Antiochus Epiphanès. Presque tous les Anthiocus, Rois de Syrie, ont porté le titre d’Epiphanès, excepté les trois premiers.

Epiphanès. adj. m. Terme de Mythologie. Surnom donné à Jupiter. Il signifie qui est présent, qui apparoî ; pour marquer que ce Dieu faisoit souvent sentir sa présence sur la terre, ou par le bruit du tonnerre & des éclairs, ou par de véritables apparitions pour y voir ses maîtresses.

Ce nom est Grec, Ἐπιφανής, & signifie Illustre. On le retient souvent en notre langue, sur-tout dans des Ouvrages d’érudition, & en parlant de médailles. On écrit aussi Antiochus l’illustre.

ÉPIPHANIE. Epiphania. Ville ancienne de Syrie sur l’Oronte. Épiphanie étoit entre Antioche, qu’elle avoit au nord, & Damas au midi, à 80 milles de l’une & de l’autre, à 18 de Larisse, & à 70 de Séleucie. Il y avoit encore une autre Éphiphanie en Cilicie, une troisième en Bithynie, & une quatrième proche du Tigre.

Épiphanie, s. f. Ou Fête des Rois. Epiphania. Fête double de la première classe, & qu’on célèbre avec Octave le 6e de Janvier, en l’honneur de l’apparition de Jesus-Christ aux trois Rois qui le vinrent adorer, & qui lui apportèrent des présens. La Fête que l’Eglise célèbre aujourd’hui en l’honneur de l’Adoration des Mages, en sa première institution parmi les Grecs, avoit pour objet la naissance de Jesus-Christ, qu’ils nommoient Théophanie, & Épiphanie, c’est-à-dire, Apparition & manifestation de Dieu ; & ils la solennisoient le 6e jour de Janvier, auquel ils croyoient que le fils de Dieu étoit né. God. Le Pape Jule, qui fut sur le trône de S. Pierre depuis 337. jusqu’en 352. est le premier qui ait appris à distinguer les Fêtes de la Nativité & de l’Épiphanie, & qui en ait réglé le jour. Papebroch, Paral. ad Conat. p. 23. Act. SS. Maii, T. VII.

Cette Fête s’appelle aussi chez les Grecs Théophanie, & la Fête des lumières, soit à cause du baptême qu’on nommoit illumination, soit parce que les Chrétiens portoient ce jour-là des cierges allumés, comme nous faisons aujourd’hui le jour de la Chandeleur. Voyez Gretserus dans ses Notes sur Cedrenus, C. 3. & Baronius à l’année 31e de J. C.

Les Ethiopiens & les Coptes célébrent aussi l’Épiphanie avec beaucoup de solennité l’onzième de Janvier, qui est le 6e chez nous, auquel ils croient par une ancienne Tradition, que J. C. fut baptisé. Consultez Ludolf dans son Histoire d’Ethiopie, L. III. C. 6. n. 54. & dans son Commentaire sur cet endroit. Ammien Marcellin parle de cette Fête dans son XXXIe Liv. C. 2. & marque qu’elle se célébroit au mois de Janvier. Henri Valois, dans ses Notes sur cet endroit d’Ammien, prétend que ce que cet Historien appelle Épiphanie, est la Fête de la Nativité. Voy. sur le mot Épiphanie, Casaubon, Exercit. II. in Baron. Sect. XI. & le Thesaurus Ecclesiastic. de Suicerus au mot Ἐπιφάνεια.

Ce mot signifie en Grec apparition ; & à cause de l’étoile qui apparut aux Mages, ce nom a été donné à cette Fête. S. Jérôme & S. Chrysostôme disent que ce fut le jour du baptême de Jesus-Christ, auquel temps il a été connu des hommes par cette voix céleste, Hic est filius meus dilectus in quo mihi complacui. C’est aussi le jour que Jesus-Christ fit son premier miracle. Plusieurs Auteurs disent qu’il y a eu diverses Eglises qui célébroient ce jour-là la Fête de Noël, qui étoit nommée Épiphanie, ou apparition du Seigneur, parce que c’est le jour auquel Notre Seigneur a commencé à paroître sur la terre. En effet, le mot Grec Épiphanie ne signifie pas dans les anciens Pères Grecs l’apparition de l’étoile aux Mages, mais l’apparition de Notre Seigneur dans le monde. C’est en ce sens-là que S. Paul s’est servi de ce mot Epiphania dans sa II. Epître à Thimothée, chap. 1. v. 10. Les Arméniens célèbrent encore aujourd’hui en un même jour la Fête de la Naissance de Notre Seigneur, & celle de l’Épiphanie, selon l’ancien usage de l’Eglise. Quelques Missionnaires Latins, qui n’ont considéré que les coutumes reçues dans leurs Eglises, ont fait là-dessus un procès mal-fondé aux Arméniens, parce qu’ils n’ont pas su que l’Épiphanie dans sa première origine, est proprement la naissance de Notre Seigneur. Les Ecrivains Payens se sont servis de ce même mot Epiphania, pour exprimer l’apparition de leurs Dieux en terre ; & les Chrétiens ont aussi employé cette expression pour marquer en général l’apparition de Dieu.

ÉPIPHENOMENE, ou ÉPIGÉMÈME. s. m. Terme de Médecine, formé d’ἐπί, sur & φαινόμενος, qui paroît. Symptome qui survient dans le cours d’une maladie, & qui procède d’une cause différente de celle des symptomes propres de la maladie.