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disputationibus, prsedicationibus et expositionibus pro authentica habendam decrevit[1], atque etiam commendat quotidiana Ecclesiæ consuetudo. Neque tamen non sua habenda erit ratio reliquarum versionum, quas christiana laudavit usurpavitqueantiquitas, maxime codicum primigeniorum. Quamvis enim, ad summam rei quod spectat, ex dictionibus Vulgatæ hebræa et græca bene eluceat sententia, attamen si quid ambigue, si quid minus accurate inibi elatum sit, « inspectio præcedentis linguæ, » suasore Augustino, proficiet[2]. Jamvero per se liquet, quam multum navitatis ad hæc adhiberi oporteat, quum demum sit « commentatoris officium, non quid ipse velit, sed quid sentiat ille quem interpretetur, exponere[3] ».

Post expensam, ubi opus sit, omni industria lectionem, tum locus erit scrutandæ et proponendæ sententiæ. Primum autem consilium est, ut probata communiter interpretandi præscripta tanto experrectiore observentur cura quanto morosior ab adversariis urget contentio. Propterea cum studio perpendendi quid ipsa verba valeant, quid consecutio rerum velit, quid locorum similitudo aut talia cetera, externa quoque appositæ eruditionis illustratio societur : cauto tamen, ne istiusmodi quæstionibus plus temporis tribuatur et operæ quam pernoscendis divinis Libris, neve corrogata multiplex rerum cognitio mentibus juvenum plus incommodi afferat quam adjumenti.

Ex hoc, tutus erit gradus ad usum divinæ Scripturæ in re theologica. Quo in genere animadvertisse oportet, ad ceteras difficultatis causas, quæ in quibusvis antiquorum libris intelligences fere occurrunt, proprias aliquas in Libris sacris accedere. Eorum enim verbis, auctore Spiritu Sancto, res multæ subjiciuntur quæ humanæ vim aciemque rationis longissime vincunt, divina scilicet mysteria et quæ cum illis continentur alia multa ; idque nonnunquam ampliore quadam et reconditiore sententia,


cation, l’exposition de la doctrine sacrée, et que recommande aussi la pratique journalière de l’Église. Ce ne sera pas une raison pour ne pas tenir compte des autres versions que l’antiquité chrétienne a estimées et employées, en particulier des plus anciens manuscrits. Quant à l’ensemble, il est vrai, les leçons de la Vulgate reproduisent fidèlement la pensée exprimée dans l’hébreu et dans le grec ; toutefois, si le latin offre quelque part un sens équivoque, une expression moins correcte, il sera utile, selon le conseil de saint Augustin, « de recourir à la langue originale. » Il est clair d’ailleurs qu’il faut user en cela de beaucoup de réserve, parce que le devoir du commentateur « est non pas d’exprimer une opinion personnelle, mais de rendre la pensée de l’auteur qu’il interprète ».

Quand on a mis tous ses soins, là où il est nécessaire, à éclaircir le texte, on peut rechercher et expliquer la pensée qui s’y cache. Un premier conseil à suivre, c’est d’observer avec un soin d’autant plus vigilant les règles d’interprétation communément approuvées, que l’attaque des adversaires est plus pressante et plus exigeante. C’est pour cela qu’à l’analyse du sens des mots, du contexte, des passages parallèles, etc., il est bon d’ajouter les lumières que peut fournir l’érudition. On évitera pourtant d’accorder plus de temps ou d’application à ces questions qu’à l’étude des Saints Livres eux-mêmes, de peur que la trop grande abondance de connaissances qu’on leur donne ne soit plus nuisible qu’utile à l’esprit des jeunes gens.

Cela fait ; on pourra en toute sécurité se servir de la Sainte Écriture dans les matières théologiques. Dans ce genre d’études, il est bon de remarquer qu’aux difficultés déjà nombreuses que présente d’ordinaire l’intelligence des livres anciens s’ajoutent des difficultés spéciales aux Livres Sacrés. Là, en effet, les paroles dont l’Esprit-Saint est l’auteur recouvrent une foule d’objets qui dépassent de beaucoup la portée de la raison, humaine, à savoir, les mystères divins et tout ce qui s’y rattache ; souvent la pensée est si haute ou si mystérieuse, que ni le sens littéral ne suffit à l’exprimer, ni les lois ordinaires de l’herméneutique à la découvrir. Aussi le sens littéral appelle-t- il à son secours d’autres sens qui servent soit à éclairer la doctrine, soit à fortifier les préceptes moraux.

  1. Sess. IV, Decr. de edit. et usu sacr. libror.
  2. De doct. chr., iii, 4.
  3. S. Hier., Ad Pammach.