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PRÉFACE


Cette singuliere pieté, qui vous a assemblez à ce service et pompe junebre, me donne espe- rance de vous avoir aussi doux et tavorables auditeurs de ceste mienne action que vous estes affectionnez et charitables à la Tnemoire de celle que nous Jevons presenternent touer. Du VAIR, Orais. /un. de la Royne d’Escosse.

Entre autres sens, estat avait ceux de condition, de charge, de train de maison., de costume : Ce doit estre quelque gros personnage, el non pas un homme privé, de bas estat. AMYOT, Esprit /a ii. de Socrate. —Il luy vint en t’entendement d’achepter un estai de con- seiller en la cour de parlement. DES PËBIERS, -N0119. Réer., 126. — Si lu y bailla Menelaus [à Hélène] nouvel estai, et principalement pour ses empaignes et damoiselles dhoreneur, deux de ses parentes. LEMAIRE DE BELGES, 1111..91r., 11, 3. — Une jeune pucelle… laquelle sembioit etre de grande parenté, selon que son estai eton este maintien demon.stroii. Lou- VEAUT trad. d’Apulée, IV, 5.

Ce mot estat entrait dans la locution taire estat, qui elle-même avait différents sens : Faire cas : II ne fait pas grand estat de V eloquence de vostre pere au prix de la sienne. MONTAIGNE, 117 10. — Avoir l’intention Ii faisoit estai afler iu mesure en personne leur mener la guerre. SALIAT, trad. d’Hérodote, I, 153. — Compter sur : Jamais homme ne se défia tant de sa vie, jamais homme ne /est moin.s d’estat de sa durée. MONTAIGNE, I, 19 — II, Être suit. Faites estai que vous aurez et moy et la rogne ma mère pour cruels ennemis. MARC. DE VAL., Mémoires, p. 84.

Partie avait le sens de parti, de qualité, de compte, de rôle (surtout au figuré), d’époux ou épouse : Ce tyran fejt empaler et escorcher plusieurs Chrestiens Grecs et Latins, qui s’es- l’oient rebellez contre son maistre a tenoient la partie des Venitiens. THEVET, Cosrnogr., XVIII, IO. — Les principales parties que mon pere chercha fit à ceux à qui il donnoit charge de moy, c’e_stoit la debonnaireté et facilité de complexion. MONTAIGNE, I, 25 — Je suis hon- teux des parties que je vous envoie, (, e ou asseurant qu’il m’a plus congéde choleres en les fournissant, qu’il ne volis coustera d’argent en les acquittant. E. PASQUIER, Lettres, XIV, 4. Induciomare tenant les premieres parties entre les Trevires. E. PASQUIER, Recherches, I, 2. — Qu’il suee son train, cognoissant que c’est au nom de Dieu qu’il est marié, et qu’il faut qu’il tiene foy à sa partie, puis qu’elle luy est assignee de Dieu. CALVIN, 4e Serm. sur l’Epistre à

On sait quelles variétés de sens peut avoir encore aujourd’hui le mot bon : un bon- homme pouvait être, au xvie siècle, un homme brave, un homme vieux, un paysan : La meilleure delense des places sont les bons hommes en nombre suffisant. LA NOUE, Disc. pot. et mil., XXVI, 1. — Feu M. de Montpensier te bonhomme dernier mort. BRANTôME, Disc. sur les Duels. — Les gentilshommes n’avoient pas le courage si rabaissé de manger le bonhomme. 121-losprr AL, Reformat. de la Just., 4e partie.

Gros s’empJoyait dans le sens de grand, un gros seigneur : Vous estes riche, et je suis pauvre ; vous estes grand seigneur, et je suis de travail ; vous voudriez des grosses dame, et je suis de basse condition. LOUVEAU, trad. des Nuits de Straparole, V, 4. — Avoir le cœur gros signifiait être orgueilleux ; et, le mot estomac étant souvent employé alors dans le sens de cœur, Calvin a pu désigner l’orgueil par le nom de gros estomac : De peur d’enfler le cœur t celtes qui 1’aurayent desja assez gros de nature. H. ESTIENN E, Conformité, I, 2. — II viendra là jeiter ses bouffees et son gros estomac. CALVIN, 37e Serin. sur I’p. aux Galates. — Gros avait aussi le sens de grossier : Nous disons… il parle du le n de cuisine… tes autres disent gros latin. II. ESTIENNE, Conformité, I, I.

Brave, récemment venu d’Italie, avait des significations multiples. Il signîflait