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PRÉFACE


rable était du nombre : Et or que le peux, memorable Des jeux noirs, breve entre pareils Meste la folie aux coniseils. Luc DE LA PORTE, trad. des Odes d’Horace, IV, 12.

Navigable signifie maintenant où l’on peut naviguer. Dans une phrase de G. Bouchet, le mot peut signifier soit qui peut naviguer, soit au moyen duquel on peut naviguer : Il se trouve des tortues si grandes, que d’une coquille on en pourroit couvrir une maison logeable, ou en faire un vaisseau navigable. 36e Seree.

Le verbe passer ayant toujours eu un grand nombre de sens, l’adjectif passable en a. eu lui aussi beaucoup qui ne se sont pas tous conservés. Avec la valeur active, on l’employait avec la signification de passager, qui pose (die : 0 l’homme miser able Qui aimant pour longtemps Ceste vie passable, Veut vivre beaucoup d’an.9. RIVALTDEAU, Aman, Ill. — Comme passif, il avait le sens de qui peut être passé, traversé : Les tenebreuses Rives de Styx, non passable au retour. Du BELLAY, Antiq. de Rome, 15.

Solvable, avec le sens actif, qui peui payer, avait aussi le sens passif, qui doit être payé : Pour la fbndation et enirdenement d’icelle donna à_ perpeluité vingt trot’s cent soixante neuf mille cinq cens quatorze nobles" à la rose de rente ionciere, indemnez, amortyz, et solvables par chascun an à la porte de l’abbaye. RABELAIS, I, 53.

Risible signifiait capable de rire. Il avait aussi le sens de riant : L’enfant naissant n’est pas. moins risible, eneores qu’il pleure… car la capacité et aptitude naturelle y est. CHARRON, les Trois Veritez, III, 8, Adv. — Veinez en Murs, et larmes indicibles : Ne ne soyez joyeux, gays„ ne risibles. LEMAIRE DE BELGES., Couplets de la Vaiitude. A côté de ces emplois actifs, il avait d’ailleurs la valeur passive, comme aujourd’hui.

Soupçonneux ne signifiait pas seulement porté à eoupçonner, mais aussi propre à être soupçonné, suspect : Elle l’alla cacher en lieu qui luy sembla le moins soupçonneux : ce fut dans une Cypsale, qui est certaine mesure à blé. SALtAT, trad. d’Hérodote, V, 92.

Empierrer s’employait avec le sens de changer en pierre, pétrifier, au propre ou au figuré : Sans respirer je demeure but blanc, Palle, empierré, comme une roche dure. RON- SARD, Eleg. 5.

Dispenser et dispense contenaient bien, comme aujourd’hui, l’idée de permission ; mais l’idée était positive, tandis qu’aujourd’hui elle est négative. Dispenser quelqu’un de raire une chose, c’était lui permettre de la faire. Se dispenser de faire une chose, c’était se permettre de la faire, et une dispense était une permission : Je veux t’estre agreable et je t’ay dispenses De taire tout cela que voudra ta pensee. Am. JAMYN, Iliade, XXII. — Je vous envoye la lettre qu’il vous escrit sur le sujet de ma negoeiation, et pour sçavoir plus a plein ce qu’il en esperoit, je me suis dispermé de l’ouvrir. St FRA-Nçois DE SALES, Lettres, 152. — J’appelle raison nos resveries el nos songes, avec la dispense de la philosophie, qui dii le fol mesme et le meschant, torcener par raison. MONTAIGNE, II, 12.

Se passer, entre autres sens, avait celui de se tirer’a aire. Un complément, joint. à se passer par les prépositions à ou de, désignait la personne ou la chose au moyen de laquelle on se tirait d’affaire. Se passer de pain, pour tonte nourriture, c’était s’en contenter., s’en accommoder : Jean. Baptiste… se passoir de ces sauterellee et de miel sauvage, et d’eau courante… il ne goustoit point de pain et de vin. CALVIN, 42e Serin. sur l’Harmoie evangel. — Puis se passer de prend un sens négatif et signifie se tirer d’affaire sans la per- sonne ou la chose désignée par le complément.

Environner pouvait signifier non seulement être autour de, mais aussi aller autour de, faire le tour de : Il environna tout le Peloponnese, partant du port de Pages en la cosse ilef ega- Tique avec une flotte de cent galeres. AMYOT, Periclès 19.