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BRAN
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Braische. Rayon de miel ou de cire. — Les Cretenses le suyvirent… pour son argent, auquel ils étoient tout ainsi attachez que sont les mouches à miel à leur bresche. G. de Selve, Huiet Vies de Plutarque, Paul Emile, 116 r°. — les autres abeilles taschentd’amollir la cire et la trempent si bien que faisant les bresses d’icelles elles en batissent leurs cellules. Liebault, Mais. rust., II, 66 (G.) — Cingar… sent en soy une si grande douceur, qu’il n’eut pas voulu avoir le derriere en des braisches de miel. Trad. de Fo- ’rico, Merlin Coccaie, L. XX (II, 191).

Braise. On trouve la forme braze. — Une pierre Gagate, laquelle nous materons sus la braie. RABELAIS, III, 25. — Un son tel que font les chastaignes jectees en la braze sans estre en- tonmees. ID., IV, 56.

Passer comme sur la braise, par dessus la braise. Passer légèrement, sans approfondir. — Nous saurons alleguer tout ce qui peut donner beau lustre et apparence à nos vertus. Mais quand il est question de glorifier Dieu, du secours que nous avons receu de sa main, nous passons comme sur la braise (ainsi qu’on dit), nous n’ap- percevons pas les difficultez où nous estions : il nous semble que ce n’est rien du danger dont nous sommes esehappez. CALVIN, Serm. sur le Deuter., 15 (XXVI, 60). — Sainct Paul faisant profession de la Loy en laquelle il avoit esté en- seigné dés son premier sage dit, que jusques à ce qu’il ait bien medité ce que ce mot vouloit dire, qu’il a passé par dessus la braise (comme on dit), qu’il ne goustoit point la force ne la vertu de la Loy. ID., ib., 41 (XXVI, 373). — Dieu… voudra juger [de nos fautes] selon ce qu’il voit’et co- gnoist, et non pas selon que nous pourrons trou- ver, car nous passons par dessus la braise comme on dit : mais Dieu enfonce jusqu’au bout. In., Serin. sur le Lie. de Job, 33 (XXXIII, 413). — Il ne veut point aussi que nous disions en un mot, J’ai failli : que nous passions seulement par des- sus la braise (comme le proverbe en est en ce pays) mais que nous pensions de pres à nous, et qu’un chacun entre en sa conscience. In., ib., 83 (XX XIV, 279). — La repentance… nous doit saisir de frayeur quand nous cognoissons l’ire de Dieu qui est pour nous accabler du tout : nous ne pensons gueres à cela, mais passons par dessus la braise, comme on dit. ID., ib., 159 (X X XV, 502). — Quant à l’immortalité de l’ame, qu’est le point sur lequel on le dict [Aristote] avoir passé dessus, comme le chat passe sur la braize, et qu’il s’y est donné du livre au front, sans sça- voir pincer ceste corde tant importante de sa par- tie philosophique qu’il vouloit tenir. Les Fan- fares des Roule Bontemps, p. 87. De la poesle en la braise. De mal en pis. — Au lieu qu’on a accoustumé de dire en ceste ville de Paris et en quelques lieux voisins, Il est tombé de fievre en chaud mal, en quelques endroits. de France on use de ceste façon de parler, qui est pareillement proverbiale, Il est sauté de la poesle en la braise. H. ESTIENNE, Precellence, p. 183. — Je vous laisse en repos, jusques à quelques jours, Que, sans parler Phoebus, je feray le discours De mon giste, où, pensant reposer à mon ayse, Je tombé par malheur de la poisle en la braise. REGNIER, Sat. 10.

Braisier, v. Brasier.

Braisillonner (trans.). Embraser, brûler. — C’estoit en plein esté, quand le roi Delien Brai- zillonne d’ardeur le sable Lybien. BIRAGUE, Eglogue sur la mon de Marie d’Elin (G., Compl.).


(Intrans.). S’embraser, brûler. — Ils temperent tantost d’une tiede froideur L’air, qui sous l’Avant-Chien braisillonne d’ardeur. Du BAR- TAS, Ire Semaine, 2e Jour, p. 73.

Brait. Cri. — [Socrates] ayant la gorge coup- pee, mettoit hors une voix, ou plustost un brait non intendible. LOUVEAU, trad. d’ADULÉE, l’Ane doré, I, 5.

Braiment. — Encore que le brait d’un asne ou la chanson D’une importune rane ait beaucoup plus doulx son. Du BELLAY, Trad. d’une Epistre de M. Tornebus. — [Les muezzins] ouvrans la bouche desmesurement, ne semblent point tant, avecques leurs Breberis, imiter la voix et le chant d’un homme comme ils imitent le bray d’un Asne. LE LOYER, Hist. des Spectres, VIII, 3.

Tapage. — Et maintenant il hait ce mondain bray. G. COLIN BUCHER, Poesies, 274.

Braize, Braizillonner, V. Braisé, Braisil- lonner.

Brame. Brème. — Brame… Ce poisson est de lac et de riviere. M. DE LA PORTE, Epithetes, 56 vo.

Brame de mer. — Les Parisiens appellent Dorée ce que nous appelons le Gal, en Saintonge le Jau, et ce que nous appelons Daurade, ilz l’ap- pellent Brame de mer. RONDELET, cité par Sai- néan, Rev. du XV Ie siècle, V, 43.

Bramin. Brahmane. — Les Prestres, nommez de ce peuple Bramins. THEVET, Cosmogr., XI, 16. — Peu de personnes aujourd’huy ignorent qui sont les Bramins des Indes. LE LOYER, Hist. des Spectres, IV, 11.

Bran 1. Son. — Si le prince n’est informé de la vie de tous, l’escorte se convertira en subs- tance, et le son ou bren en farine, la paille en grain. B. DE LA GRISE, trad. de GUEVARA, l’Or- loge des Princes, I, 37. — Il leur fauldra donner dedans leur estable du cythisus, ou du foin de Bourgongne, ou du bran ou son. COTEREAU, trad. de COLUMELLE, VII, 3. — Lesquels [œufs] on gardera par tout l’yver en la paille : et en esté dedans le bran ou son. ID., ib., VIII, 6. — Asne qui chante victoire, et, comme un baudet qui pense avoir atteint son bran, sautille et brave avec son hast. Dans E. Pasquier, Lettres, XXII, 12.

Prendre bran pour farine. Se tromper lourde- ment. — Quasy de l’age D’enfance me vint en courage Une affection si trèsgrande… — Et de quoy ? — D’estre de la bande Des vierges. sacrées. — Comment ? D’estre moinesse ? — Justement. — Hem I c’est prendre bran pour farine. MAROT, trad. de deux Colloques d’ERASME, N’avoir bran ne farine. N’avoir rien du tout. — Ne mesprisez des maistres la doctrine, Car qui le faict n’en a bran ne farine. J. BOUCHET, Epistres Morales du Traverseur, I, 13.

Faire de l’asne pour avoir du bren. Faire l’âne pour avoir du son, faire l’ignorant ou le sot par intérêt. — Faisoyt de l’asne pour avoir du bren. RABELAIS, I, 11.

De mesme farine et pareil bran. De même espèce.

— C’estoient Socrates, Plutarque, Rablais, Gua- guin, Luther, Ronsard, Pindare, Marot et quel- ques autres de mesme farine et pareil bran. BE- ROALDE DE VERVILLE, le Moyen de parvenir, Texte (I, 219).

Bran. Excrément. — Thaumaste… fist un gros pet de boulangier : car le bran vint apres. RABELAIS, II, 19. — Bren, c’est merde à Rouan. ID., IV, 10. — Appeliez vous cecy foyre, bren,