Page:Diderot - Œuvres complètes, éd. Assézat, IV.djvu/299

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


prennent ; vous vous tourmentez sur votre fauteuil ; vous changez cent fois de posture sans en trouver une bonne ; las enfin de tenir la plus mauvaise contenance du monde, vous prenez brusquement votre parti ; vous vous levez et vous disparaissez : et où allez-vous encore ? peut-être écouter un bijou.

— Je conviens, madame, du fait ; mais je n’y vois rien d’offensant. S’il arrive à un homme de s’ennuyer des belles choses et de s’amuser à en entendre de mauvaises, tant pis pour lui. Cette injuste préférence n’ôte rien au mérite de ce qu’il a quitté ; il en est seulement déclaré mauvais juge. Je pourrais ajouter à cela, madame, que tandis que vous vous occupiez à la conversion de Sélim, je travaillais presque aussi infructueusement à vous procurer un château. Enfin, s’il faut que je sois coupable, puisque vous l’avez prononcé, je vous annonce que vous avez été vengée sur-le-champ.

— Et comment cela ? dit la favorite.

— Le voici, répondit le sultan. Pour me dissiper un peu de la séance académique que j’avais essuyée, j’allai interroger quelques bijoux.

— Eh bien ! prince ?

— Eh bien ! je n’en ai jamais entendu de si maussades que les deux sur lesquels je suis tombé.

— J’en suis au comble de mes joies ; reprit la favorite.

— Ils se sont mis à parler l’un et l’autre une langue inintelligible : j’ai très bien retenu tout ce qu’ils ont dit ; mais que je meure si j’en comprends un mot. »



CHAPITRE XXXIX.


dix-huitième et dix-neuvième essais de l’anneau.


sphéroïde l’aplatie et girgiro l’entortillé.
attrape qui pourra.


« Cela est singulier, continua la favorite : jusqu’à présent j’avais imaginé que si l’on avait quelques reproches à faire aux bijoux, c’était d’avoir parlé très-clairement.

— Oh ! parbleu, madame, répondit Mangogul, ces deux-ci n’en sont pas ; et les entendra qui pourra.